NEW YORK, USA, 16 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ — Moins d’un mois à peine après les Réunions de haut niveau sur le développement de l’Afrique, ce continent était à nouveau à l’honneur aujourd’hui à l’Assemblée générale, où les pays africains ont dit craindre l’impact des crise alimentaire, énergétique et financière sur les progrès enregistrés dans la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Outre le NEPAD, la quarantaine d’orateurs qui se sont succédé à la tribune ont évalué les progrès et les lacunes dans la lutte contre le paludisme et le rétablissement de la paix en Afrique.
Comme l’a dit le représentant du Nigéria, à l’origine du NEPAD aux côtés de l’Afrique du Sud, de l’Algérie et du Sénégal, le Nouveau Partenariat a permis des avancées dans de nombreux secteurs dont ceux des infrastructures, de l’agriculture, de la santé ou encore de l’éducation. Son homologue du Sénégal a cité l’édification de la Grande muraille verte et la mise en place d’une connexion des états africains par réseau haut débit. Celui de la Zambie s’est attardé sur un projet d’électrification couvrant l’Afrique australe et l’Afrique orientale. Les pays africains se sont aussi enorgueillis du Mécanisme d’examen par les pairs (MAEP) auquel ont adhéré 29 pays, à ce jour.
Mais ces acquis, ont-ils prévenu, pourraient être compromis par les crises financière, alimentaire et énergétique. En conséquence, à la veille des Réunions d’Accra sur l’efficacité de l’aide et de Doha sur le financement du développement, les délégations ont salué la proposition du Secrétaire général de mettre sur pied un mécanisme novateur pour coordonner les actions des donateurs dans les domaines de l’aide, du commerce et de la viabilité de la dette. De nombreux orateurs ont insisté pour que l’Assemblée générale se prononce à sa soixante-cinquième session.
Le représentant de la Tunisie a, par exemple, averti que si la tendance actuelle se poursuit, le G-8 ne mettra pas entièrement en œuvre les engagements pris au Sommet de Gleneagles visant à doubler l’aide à l’Afrique d’ici à 2010, pour la porter à 50 milliards de dollars par an. Or, a-t-il précisé, la pleine réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique (OMD) d’ici à 2015 nécessitera une enveloppe annuelle de 72 milliards de dollars.
Une réponse est venue du représentant du Canada qui a spécifié que son pays doublera son aide à l’Afrique, ce qui se traduira, cette année, par une contribution totale de 2,1 milliards de dollars. Au nom de l’Union européenne (UE), son homologue de la France a rappelé que 62% des aides bilatérales de l’UE vont à l’Afrique. Rien qu’en 2005-2007, l’Union a transféré un montant total de 250 millions d’euros à l’appui de l’architecture africaine de paix et de sécurité et promis 300 millions d’euros supplémentaires pour la période 2008-2010.
Le rôle prééminent de l’Union africaine dans le règlement des conflits a été justement salué, en particulier l’action de son Conseil de paix et de sécurité. Le représentant de l’Algérie a saisi cette occasion pour revenir sur la récente demande d’inculpation du Président du Soudan émise par la Cour pénale internationale (CPI). Une demande, a-t-il dit, « qui risque de mettre à mal les efforts de paix menés au Sud-Soudan et au Darfour ». Il a donc appelé le Conseil de sécurité à invoquer l’article 16 du Statut de Rome pour geler cette procédure pendant un an.
Pour sa part, le représentant du Canada a dit craindre que la reprise des affrontements dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) réduise « presque à néant » les espoirs de paix dans la région. Il a exhorté les parties à respecter les accords signés.
Quels que soient les efforts entrepris sur le front des conflits, le développement de l’Afrique se heurtera toujours à l’obstacle du paludisme, si rien n’est fait, ont alerté les pays africains. Quelque 800 000 personnes meurent toujours chaque année dont 91% en Afrique, ont rappelé les délégations. Le représentant de l’Inde a plaidé pour un changement « radical » du régime des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) alors que son homologue du Sénégal a vu dans la démultiplication du projet « Villages du Millénaire » une « contribution décisive ».
L’Assemblée générale poursuivra ce débat lundi, 20 octobre à partir de 10 heures.
SIXIÈME RAPPORT COMPLET DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LES PROGRÈS DE LA MISE EN ŒUVRE ET L’APPUI INTERNATIONAL AU NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE (NEPAD) (A/63/212)
D’emblée, indique le rapport, dans le contexte actuel, où le ralentissement de l’économie mondiale se conjugue avec les prix élevés des denrées alimentaires et du pétrole, la mise en œuvre concrète du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne sera possible qu’avec l’engagement ferme et la volonté politique claire des pays africains mais aussi des partenaires internationaux de développement.
Le rapport ne nie pas les progrès réalisés par les pays africains dans la mise en œuvre des priorités sectorielles du NEPAD, mais appelle à l’adoption urgente de mesures pour atténuer l’impact socioéconomique du prix élevé et croissant des denrées alimentaires au moyen d’une révolution verte africaine menée dans le cadre du Programme intégré pour le développement de l’agriculture en Afrique.
Les pays africains devraient également allouer des ressources plus importantes et adopter des réformes appropriées en vue d’encourager davantage le secteur privé à participer aux projets du NEPAD. De leur côté, les partenaires de développement devraient renforcer l’aide au développement et la rendre plus efficace afin que les Objectifs soient remplis dans les délais prescrits.
Si la communauté internationale et les pays africains ne prennent pas des mesures politiques appropriées, l’amélioration des conditions de vie de millions d’Africains se verra remise en question. Des infrastructures modernes et efficientes -axes routiers, équipements dans le domaine de l’eau, de la technologie de l’information et des communications, par exemple- sont indispensables pour assurer une croissance économique soutenue et un secteur privé productif, souligne le rapport.
Les gouvernements africains devraient donc continuer d’appliquer des réformes institutionnelles propres à attirer les capitaux privés et développer les partenariats entre secteur public et secteur privé pour financer des projets d’équipement. Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, par exemple, ils pourraient encourager les pays producteurs de pétrole à investir leurs fonds souverains dans l’infrastructure, recommande le Secrétaire général.
En outre, poursuit-il, maintenant que 7 pays ont fait l’objet d’un examen par les pairs et que 29 participent au processus du Mécanisme d’évaluation intra-africaine, il est essentiel que les gouvernements mettent en œuvre les recommandations formulées par le Mécanisme dans ses rapports de pays, et que le processus d’examen s’accélère de façon que la proportion de pays ayant déjà lancé le processus augmente rapidement.
Pour tenir leur engagement d’accroître, d’ici à 2010, leur aide de 50 milliards de dollars, dont la moitié au bénéfice de l’Afrique, les pays du G-8 devraient de leur côté intensifier leur aide publique au développement (APD) et améliorer l’efficacité de cette aide, préconise également le rapport. Les gouvernements africains et les partenaires de développement devraient conclure des pactes formels définissant les rôles et les responsabilités de chacun de telle sorte que les engagements financiers soient tenus et alignés sur les systèmes nationaux.
Alors que des partenaires de développement nouveaux et émergents renforcent sensiblement leur engagement à l’égard de l’Afrique, il est essentiel que tous les donateurs, tant traditionnels que nouveaux, mettent sur pied un mécanisme novateur pour coordonner leurs actions dans les domaines de l’aide, du commerce et de la viabilité de la dette. Le troisième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui se tiendra prochainement à Accra au Ghana sera l’occasion de se pencher sur les nouvelles dimensions de l’harmonisation de l’aide et de la collaboration des donateurs, estime le rapport.
L’allégement de la dette a stimulé les investissements dans la santé et l’éducation de base, rappelle le Secrétaire général. Toutefois, les effets conjoints de la hausse brutale des prix du pétrole et des denrées alimentaires risquent de faire obstacle à des niveaux d’investissement soutenus dans ces secteurs sociaux. Aussi, dans le cadre d’une coopération Sud-Sud efficace, on pourrait envisager de créer un mécanisme par lequel les pays tirant des revenus exceptionnels de leurs exportations de pétrole verseraient une contribution aux pays africains les plus vulnérables, ajoute en conclusion le rapport.
APPLICATION DES RECOMMANDATIONS CONTENUES DANS LE RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION D’UNE PAIX ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE (A/63/212)
Dans un premier temps, ce rapport passe en revue les progrès accomplis dans l’application des recommandations contenues dans le rapport (A/52/871-S/1998/318) du Secrétaire général. Il offre ensuite un bref aperçu des faits nouveaux survenus en Afrique au cours de l’année écoulée en matière de paix et de sécurité, s’attardant sur les graves problèmes que l’Afrique et la communauté internationale cherchent à résoudre pour rétablir et préserver la paix et relever les pays dévastés par un conflit.
Un chapitre consacré au maintien de la paix examine la situation au Sahara occidental, en Côte d’Ivoire, en Éthiopie et en Érythrée, au Libéria et en République démocratique du Congo, ainsi que dans la région du Darfour, au Tchad et en République centrafricaine et en Somalie. Le rapport se penche également sur la consolidation de la paix au Burundi, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau et en République centrafricaine.
Le rapport traite aussi des progrès accomplis s’agissant des mesures supplémentaires à court terme proposées dans le rapport de l’an dernier pour aider à éliminer les conflits en Afrique, et ce dans l’attente d’un examen systématique de l’impact des nouveaux problèmes et des nouvelles menaces contre la paix et le développement durables à long terme.
Le rapport indique que la communauté internationale doit continuer à aller de l’avant et appuyer les efforts des organisations régionales et sous-régionales africaines, afin d’assurer une paix et un développement durables. Il souligne également l’importance de réduire la prolifération de petites armes, de mettre un terme au climat de violence et de favoriser la création d’emplois dans les pays sortant d’un conflit.
NOTE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LA DÉCENNIE 2001-2010: POUR FAIRE RECULER LE PALUDISME DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT, PARTICULIÈREMENT EN AFRIQUE (A/63/219)
Le présent rapport souligne que les fonds et les principaux produits visant à prévenir et soigner le paludisme ont commencé dès 2005 et surtout en 2006 à être de plus en plus disponibles en Afrique. Ainsi, un total de 688 millions de dollars a été consacré en 2006 à la lutte antipaludique en Afrique, mais comme seul 26 pays sur 45 ont présenté des données financières, ce chiffre est probablement en deçà de la réalité, relève le rapport.
Par ailleurs, depuis 2006, entre un quart et un tiers des personnes exposées au paludisme dans les ménages ont accès à des moustiquaires imprégnées d’insecticide, un taux cependant bien plus faible que l’objectif d’au moins 80%. L’utilisation de ces moustiquaires par les enfants et les femmes enceintes prend du retard. Certains ménages sont pourvus de moustiquaires, qui ne sont pas utilisées par les enfants et les femmes enceintes pourtant les plus exposés au risque, précise le rapport.
En moyenne, seul 3% des enfants atteints de fièvre ont reçu une polythérapie à base d’artémisinine. Les doses acheminées vers les pays ont été insuffisantes mais l’épuisement des stocks au niveau des établissements sanitaires et le manque d’accès aux points de distribution sont aussi probablement en cause. Le rapport note que l’administration de deux doses de traitement préventif intermittent aux femmes enceintes reste également très faible (18%), comparée à l’objectif d’au moins 80%.
À l’échelle de la région OMS de l’Afrique, rien n’indique que les cas de paludisme et les décès imputés à cette maladie aient baissé à partir de 2006, note le Secrétaire général. Mais les pays et régions qui sont le théâtre d’interventions énergiques accusent une baisse sensible des cas et des décès dus au paludisme; c’est le cas de l’Érythrée, du Rwanda, de Sao Tomé-et-Principe et de Zanzibar (République-Unie de Tanzanie). En outre, dans au moins 22 pays ou régions du monde, les cas de paludisme ont baissé de 50% au cours de la période 2000-2006, tandis qu’au moins 29 pays seraient en voie d’atteindre les objectifs d’allégement du fardeau du paludisme d’ici à 2010.
Dans ce contexte, il faut davantage de fonds et de moustiquaires imprégnées d’insecticide, de polythérapies et de pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide, afin que l’objectif du recul du paludisme et que les Objectifs du Millénaire pour le développement puissent être atteints en 2010 et 2015 respectivement. En outre, le Secrétaire général recommande aux pays et aux partenaires de renforcer les systèmes d’information sanitaire pour que l’impact et les données en matière de logistique soient surveillés en permanence à l’échelon du pays et du district, ainsi que dans les centres de soins.
Les partenaires de la lutte contre le paludisme devraient également résoudre les problèmes actuels de financement et de délais de livraison.
Débat conjoint
M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN, Président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, a appelé, en pleine crise économique, à renforcer les efforts pour protéger l’Afrique d’un recul de l’aide au développement du continent. Il a déclaré que sa préoccupation s’aggrave, au fur et à mesure que la crise financière s’approfondit. Nous devons nous rappeler que la planète est notre demeure et que les Africains sont nos frères et sœurs, a-t-il souligné. Même s’il est impopulaire pour les politiciens de dire des choses pareilles, a ajouté M. d’Escoto, le temps est venu de se serrer la ceinture. Selon lui, des sacrifices douloureux sont nécessaires et ils doivent être partagés par tous, sans exception. Le Président de l’Assemblée générale a rappelé la Réunion de haut niveau organisée pendant le débat général sur le développement de l’Afrique. Il s’est déclaré encouragé par les déclarations des dirigeants du monde qui ont appelé avec passion à maintenir les engagements pris, en dépit de l’horizon qui s’obscurcit. Avant la Conférence internationale de Doha sur le financement du développement, M. d’Escoto a appelé les États Membres à renouveler leur solidarité et leur détermination à affronter ensemble la tempête.
M. GEORGE O. OWUOR (Kenya), intervenant au nom du Groupe africain, s’est félicité de l’adoption, le 22 septembre dernier, de la Déclaration politique des chefs d’État et de Gouvernement sur les besoins de l’Afrique en matière de développement. Il a estimé qu’il importe d’examiner la question du développement en Afrique en prenant en compte « l’affaiblissement » de l’économie mondiale, une conséquence, selon lui, des crises énergétique, alimentaire et financière. Signalant ensuite que les prévisions indiquent que la croissance de l’Afrique devrait ralentir en 2008, le représentant a estimé que la communauté internationale devait appuyer les objectifs du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique en matière d’amélioration des infrastructures économiques et de création d’un environnement propice à l’investissement et à la croissance. Il a également déclaré qu’en Afrique, les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne seront atteint qu’en adoptant des mesures proactives qui permettront d’accélérer les progrès de façon « substantielle ».
Rappelant que l’Union africaine s’était engagée à trouver, d’ici à 2010, une solution à l’instabilité politique et aux conflits qui sévissent en Afrique, le représentant kényen a passé en revue les diverses initiatives lancées par cette institution à cette fin. Il a également remercié les partenaires du développement pour leur contribution à la lutte contre le paludisme. Avant de conclure, le représentant kényen a engagé les Nations Unies à créer, d’ici la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, un mécanisme de suivi destiné à examiner la mise en œuvre de tous les engagements ayant trait au développement en Afrique, afin de s’assurer que les États Membres demeurent saisis de la question des besoins spécifiques du continent en matière de développement.
S’exprimant au nom de l’Union européenne (UE), M. PHILIPPE DELACROIX (France) a salué les progrès réalisés par l’Afrique, tant dans son organisation avec le développement de l’Union africaine (UA) que dans le domaine économique. Pour autant, les défis que le continent doit relever demeurent particulièrement importants. « Le NEPAD, dont l’ambition est de donner une feuille de route vers la renaissance de l’Afrique, constitue à cet égard un outil important et nous nous sommes tous engagés à contribuer activement à sa mise en œuvre », a assuré le représentant.
Saluant le rythme des revues du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), l’Union européenne a souligné la nécessité pour ce Mécanisme de figurer au cœur du Partenariat UE-UA sur la gouvernance démocratique et les droits de l’homme. M. Lacroix a déclaré que l’Union européenne soutenait les efforts en cours pour renforcer les liens entre le NEPAD et l’UA et salue à cet égard l’action engagée en ce sens en juin dernier par M. Jean Ping, le Président de la Commission de l’Union africaine. Les crises actuelles rendent particulièrement nécessaire cette cohérence d’action entre le NEPAD et l’Union africaine, a estimé M. Delacroix.
Le représentant français a ensuite réitéré l’engagement de l’UE aux côtés du continent africain, comme en témoigne le fait que celle-ci est son premier partenariat de développement: 62% des aides bilatérales allouées sur le plan régional par l’Union européenne sont allées à l’Afrique et elle a réaffirmé qu’elle tiendrait ses engagements. En outre, en 2005-2007, l’UE a transféré un montant total de 250 millions d’euros à l’appui de l’architecture africaine de paix et de sécurité et promis 300 millions d’euros supplémentaires pour la période 2008-2010. Elle est également présente par son opération EUFOR, a précisé M. Delacroix.
Abordant la question du paludisme, il a rappelé que cette maladie touchait encore 40% de la population mondiale et précisé que, sur les 105 pays concernés par ce fardeau, 45 se situent en Afrique. Cette tragédie humaine fait chaque année 800 000 victimes, dont 91% sur le continent, constituant ainsi la principale cause de mortalité des jeunes enfants africains et un grave handicap au développement et à l’équilibre africains, a ajouté le représentant. Consciente des obstacles logistiques, mais surtout économiques, auxquels sont souvent confrontés les pays lorsqu’ils mettent en œuvre les mesures antipaludiques, l’Union européenne soutient les actions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et UNITAID, qui ont permis des progrès considérables en matière d’accès aux moustiquaires imprégnées de longue durée et aux traitements ACT. Les pays membres de l’UE et la Commission européenne représentent 60% des ressources du Fonds mondial, a précisé M. Delacroix.
En conclusion, le représentant a insisté sur le fait que l’Union européenne était pleinement engagée contre le paludisme. Les résultats observés dans certains pays démontrent que l’éradication de la pandémie est à notre portée, a-t-il affirmé, avant de se dire convaincu qu’il était possible d’atteindre l’Objectif no 6 du Millénaire. Pour cela, a-t-il cependant prévenu, la mobilisation doit être globale et rassembler les gouvernements, les organisations internationales, le secteur privé et la société civile.
M. DON PRAMUDWINAI (Thaïlande), intervenant au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a estimé que le succès du développement en Afrique sera un succès « pour nous tous ». Il a souhaité que la communauté internationale mette l’accent sur l’élaboration et le renforcement de partenariats à bénéfice mutuel plutôt que sur la création de systèmes de dépendance. Il a indiqué que l’ANASE appuyait le NEPAD car il renforce la coopération entre organisations régionales. Le représentant a ensuite engagé la communauté internationale à maintenir l’élan créé lors du Débat de haut niveau sur le développement en Afrique.
Après avoir passé en revue diverses initiatives lancées par l’Asie pour aider l’Afrique, le représentant a estimé que l’ANASE et l’Union africaine devaient avoir plus d’interaction. Il a ensuite expliqué que de nombreux experts des pays membres de l’ANASE travaillaient sur le continent africain dans les domaines du développement des ressources humaines, du renforcement des capacités, de la santé publique, des maladies infectieuses, de la sécurité alimentaire ou encore du développement agricole et de la pêche. M. Pramudwinai a également suggéré d’établir des partenariats « trilatéraux » qui permettraient d’encourager le potentiel « synergétique » entre l’ANASE, l’Afrique et les pays donateurs. Rappelant que le développement de tout pays exige un environnement international favorable, le représentant a également engagé les parties concernées à mettre fin à la crise financière, exhortant notamment les donateurs à ne pas laisser la crise actuelle enfreindre leur engagement à inverser le déclin des contributions à l’APD.
M. GEORGE TALBOT (Guyana), qui s’est exprimé au nom de la Communauté et du Marché commun des Caraïbes, a dit la solidarité des pays des Caraïbes avec l’Afrique. Il a souligné les nombreuses mesures prises par l’Afrique et ses partenaires pour assurer l’application de plans de développement régionaux et subrégionaux. Il a cependant rappelé les nombreux défis qui subsistent dans le continent et a plaidé pour des investissements plus importants dans le domaine des infrastructures, de l’industrie et des capacités humaines et institutionnelles. Le représentant du Guyana a aussi prévenu que l’Afrique allait subir les conséquences de la crise financière actuelle, d’autant plus que la menace d’une réduction de l’aide publique constitue désormais une perspective réelle, étant donné que les pays développés se battent pour sauvegarder leurs systèmes financier et bancaire.
Cette crise démontre notre interdépendance, a-t-il dit. Dans la foulée de la crise alimentaire et de la hausse des prix du pétrole, la crise financière nous rappelle que les politiques de pays importants ont de sérieuses implications sur les autres nations, notamment en Afrique. Selon le représentant, les pays développés portent une responsabilité particulière. Ils doivent s’assurer que leurs politiques intérieure et extérieure contribuent à la paix, la stabilité et la prospérité dans le monde. En conséquence, ils doivent faire preuve d’une plus grande cohérence, notamment dans leurs politiques financières, commerciales, de développement et environnementales. La CARICOM, a dit le représentant, soutient la déclaration de la Réunion de haut niveau du 22 septembre, appelant au respect de tous les engagements pris pour le développement de l’Afrique, a-t-il dit.
M. Talbot a aussi regretté que les pays du G-8 n’aient pas tenu leurs engagements de doubler leur aide au développement de l’Afrique d’ici à 2010. Le soutien au continent doit être augmenté de manière substantielle et doit être plus effectif, a-t-il déclaré. Des progrès considérables sont possibles si la communauté internationale s’engage, a-t-il insisté, avant de demander que le commerce soit soutenu en Afrique, par une plus grande intégration régionale et internationale. En outre, compte tenu de l’importance de l’agriculture dans le développement du continent et de la crise alimentaire, les pays africains doivent s’efforcer d’atteindre l’objectif de la Déclaration de Maputo, de consacrer 10% des dépenses publiques au secteur agricole. Le représentant du Guyana a également apporté son soutien aux efforts de l’Afrique pour améliorer la gouvernance politique et économique et renforcer les mécanismes de participation et d’inclusion de tous les secteurs de la population.
M. LESLIE K. CHRISTIAN (Ghana) a estimé que les efforts de l’Afrique en matière de développement se voyaient enfreints par la crise financière, l’impasse des pourparlers de Doha, et « l’absence générale » d’un environnement économique international « favorable ». Relevant que peu de pays africains avaient réussi à consacrer 15% de leurs dépenses publiques à la santé, le représentant a expliqué que les limites financières et institutionnelles « chroniques » que connaissent les pays africains avaient été aggravées par la fuite des cerveaux. Passant à l’éducation, il a déclaré que son pays estime « inacceptable » que plus de 1,4 million d’enfants ghanéens ne soient pas scolarisés, indiquant ensuite que son pays avait lancé un programme universel de scolarisation gratuite allant de la maternelle au cycle secondaire. Un accent particulier est placé sur l’éducation des filles, a-t-il précisé, relevant toutefois que certaines contraintes économiques et culturelles constituaient des facteurs de résistance.
Le Ghana espère atteindre les OMD dans le domaine de la santé, a-t-il poursuivi. Il a expliqué que son gouvernement avait l’intention d’augmenter l’accès aux services de santé et d’améliorer la qualité des soins et d’augmenter le nombre de programmes de prévention. Le Ghana a réussi à fournir des soins médicaux gratuits aux femmes enceintes, s’est-il félicité. Il a cependant averti que son pays ne parviendrait pas à réduire la mortalité infantile d’ici à 2015 à cause des problèmes de rétention du personnel médical, entre autres. Le représentant a également expliqué que le paludisme était responsable de la mort de 22% des enfants ghanéens de moins de cinq ans. M. Christian s’est ensuite félicité de l’engagement du Secrétaire général à enrayer le paludisme d’ici à 2010, estimant que cela ôterait « un obstacle important » au développement économique, et impulserait un élan à la réalisation d’au moins quatre des huit OMD.
M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que le développement socioéconomique de l’Afrique était indispensable. Nous sommes attachés à la mise en œuvre du NEPAD, qui constitue selon le représentant la voie principale pour permettre à l’Afrique de réaliser les OMD. La Déclaration politique adoptée lors de la Réunion ministérielle de septembre dernier ne fait qu’encourager l’élan de la communauté internationale en faveur de l’Afrique, a-t-il souligné. Il a ensuite salué la dynamique positive observée sur le continent pour faciliter l’accès des enfants d’Afrique subsaharienne aux écoles, mais a regretté l’expansion de la pandémie de VIH/sida. Il a ensuite rappelé que son pays avait apporté une aide concrète à plusieurs pays africains, qui ont réalisé depuis des progrès significatifs vers leur développement. Nous avons parallèlement augmenté nos contributions aux programmes nationaux d’aide au développement et versé à ce jour près de 40 millions de dollars au Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.
Plusieurs compagnies russes, a poursuivi le représentant, ont de leur côté réalisé des investissements conséquents dans l’amélioration des infrastructures physiques de divers pays africains, a encore précisé M. Churkin. Quant au problème de la faim et de l’approvisionnement alimentaire qui continue de se poser douloureusement en Afrique, il rend plus que jamais nécessaire, a-t-il prévenu, l’utilisation d’engrais pour renforcer la productivité agricole. S’agissant des conflits armés, le représentant a salué la mise en place plus fréquente de systèmes d’alerte rapide. La Fédération de Russie apporte en outre son concours à l’élaboration de cadres stratégiques dans la région, a-t-il indiqué. Afin de renforcer le potentiel du maintien de la paix, le Gouvernement russe a pris la décision de verser 2 millions de dollars au Fonds pour la consolidation de la paix, a conclu M. Churkin.
M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a rappelé que la Réunion de haut niveau du 22 septembre dernier sur le développement de l’Afrique est intervenue à point nommé. Elle a permis à la communauté internationale, notamment les pays développés, de renouveler leur engagement à apporter le soutien nécessaire au développement du continent. La Réunion a également permis de signaler que, au rythme où vont les choses actuellement, si rien de fondamental n’est entrepris d’ici là , la plupart des pays africains n’atteindront pas les OMD d’ici à 2015. Il a aussi rappelé que le débat intervient dans un contexte international marqué par une crise mondiale multiforme. Selon lui, l’Afrique est pénalisée à double titre. D’une part, elle est moins préparée à y faire face, et d’autre part, elle risque de subir les répercussions négatives de la crise sur le niveau de l’aide au développement.
Le représentant algérien a souligné l’importance du cadre novateur du NEPAD et la donne nouvelle qu’il introduit dans les relations du continent avec ses partenaires étrangers. Créé et voulu par les pays africains eux-mêmes, le NEPAD leur permet d’attirer l’attention de leurs partenaires de développement sur les grands sujets de préoccupation du continent. Il repose d’abord sur les potentialités nationales et régionales africaines et répond à une nécessité et des besoins que les pays du continent ont eux-mêmes définis. M. Benmehidi a souligné la nécessité d’une plus grande implication et d’une plus grande générosité de la communauté internationale envers le NEPAD qui a permis des progrès considérables dans les secteurs des infrastructures, de la santé ou de l’éducation, a-t-il assuré.
Le représentant algérien a salué la contribution de nombreux pays partenaires dont l’engament et l’action couplée à celle des pays africains eux-mêmes ont fait la différence sur le terrain, notamment par l’allègement de la dette des pays en développement les plus lourdement endettés. Selon lui, le taux d’endettement des pays africains est passé de 212% à 23,1% de la fin des années 90 à la fin 2007. En revanche, il a regretté que l’aide publique au développement (APD) soit encore loin d’atteindre 0,7% du PIB des pays donateurs. La tendance à la baisse s’est confirmée en 2007 où l’APD à l’Afrique a subi une chute de 20%, a-t-il affirmé.
Le représentant algérien a aussi rappelé que la part de l’Afrique dans le commerce international n’a cessé de diminuer ces dernières années pour se situer à moins de 2% aujourd’hui. S’il dénote la faiblesse des économies africaines, ce faible taux est aussi la conséquence des importantes subventions agricoles accordées par les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à leurs exportations agricoles, a-t-il déploré. Selon lui, les pays africains ont non seulement besoin d’un accroissement de l’APD mais aussi de mesures concrètes pour que les exportations africaines, composées principalement de produits agricoles, puissent accéder dans des conditions normales aux marchés des pays développés. Il a aussi regretté que les investissements étrangers directs (IED) en Afrique demeurent largement en deçà des besoins.
M. Benmehidi a plaidé pour une paix viable et durable sur le continent. Nulle action de développement ne peut réellement être menée sans un environnement de paix et de stabilité. L’Afrique, a-t-il dit, a confirmé sa détermination à assurer sa part dans la prise en charge des processus de règlement des conflits sur le continent. Il est cependant essentiel que la communauté internationale et le Conseil de sécurité continuent de jouer pleinement leur rôle en la matière. Cette action demeure incomplète si elle n’est pas suivie systématiquement d’actions visant la construction de la paix, a-t-il souligné. Le représentant a conclu sur la récente demande d’inculpation du Président du Soudan introduite par la Cour pénale internationale (CPI). Outre son caractère « surprenant et inédit », dans la mesure où elle vise un chef d’État en exercice, a-t-il dit, cette procédure risque d’avoir d’un impact négatif réel sur la stabilité de cette région de l’Afrique et de soumettre à rude épreuve les efforts de paix menés actuellement dans le Sud-Soudan et dans le Darfour. Il a donc appelé le Conseil de sécurité à mettre en œuvre l’article 16 du Statut de Rome pour le gel, pendant un an, de la procédure lancée par la demande du Procureur de la CPI.
M. HABIB MANSOUR (Tunisie) a estimé que le Débat de haut niveau sur les besoins de développement de l’Afrique avait permis de dresser l’état des lieux de la situation africaine et a mis l’accent sur deux principaux constats. Premièrement, a-t-il dit, les besoins, les contraintes, les priorités et les objectifs africains sont bien connus et le problème se situe au niveau de la mise en œuvre des engagements pris. Il a demandé la mise en place d’un mécanisme de suivi de cette mise en œuvre. Deuxièmement, l’Afrique est à la fois le seul continent dont les progrès restent en deçà du niveau requis pour la réalisation des OMD et l’un des plus sévèrement affectés par les crises alimentaire et énergétique. Par conséquent, a relevé le représentant, l’Afrique est confrontée à un double handicap, ce qui menace de compromettre les avancées accomplies.
M. Mansour a ensuite noté que le rapport du Secrétaire général préconisait de mettre en place un mécanisme novateur de coordination des actions entreprises dans le domaine de l’aide, du commerce et de la viabilité de la dette. Il est à craindre, a-t-il dit, que si la tendance actuelle se confirme, le G-8 ne soit pas en mesure de mettre entièrement en œuvre les engagements contractés au Sommet de Gleneagles visant à doubler l’aide à l’Afrique d’ici à 2010, soit à hauteur de 50 milliards de dollars par an. Or, le Groupe de pilotage a conclu que la pleine réalisation des OMD en Afrique d’ici à 2015 nécessiterait une enveloppe annuelle de 72 milliards de dollars, a souligné le représentant. Il a déclaré que la Conférence internationale de suivi de Doha constituera une phase importante, voire un véritable tournant, pour consolider les acquis et lancer une nouvelle dynamique en matière de financement du développement.
Il a ensuite estimé que l’objectif « Horizon 2010: une Afrique sans conflit » que le Secrétaire général a formulé, reste conditionné à un certain niveau de croissance économique, de développement humain et de stabilité politique, que de nombreux pays africains ne seront pas en mesure d’atteindre sans l’engagement de tous les partenaires de développement. Le représentant a salué à cet égard les efforts de l’Union africaine et en particulier de son Conseil de paix et de sécurité. Il a aussi salué le travail de la Commission de consolidation de la paix (CCP).
M. SHIGEKI SUMI (Japon) a estimé que la question du développement en Afrique était une des priorités les plus urgentes pour la communauté internationale. Estimant qu’il était maintenant temps de répondre aux préoccupations de ce continent, le représentant a indiqué que le Japon s’était engagé, au cours des cinq prochaines années, à doubler son aide publique au développement destiné à l’Afrique et à fournir jusqu’à 4 milliards de dollars en prêts à des conditions libérales. Son pays œuvrera également pour doubler les investissements japonais privés en Afrique, a-t-il signalé. M. Sumi a également précisé que le Japon s’alignait sur les priorités établies par le NEPAD, notamment en ce qui concerne les infrastructures, le Plan d’action à court terme (PACT) et le Programme intégré pour le développement de l’agriculture en Afrique.
Convaincu de l’importance de prendre en compte les besoins en matière de sécurité humaine du continent africain lors de la mise en œuvre des diverses politiques en matière de développement, le représentant japonais a signalé que son pays s’était engagé à appuyer les pays postconflit du continent. M. Sumi s’est ensuite félicité du recul du paludisme dans plusieurs pays africains. Il s’est cependant inquiété du fait que le rapport du Secrétaire général sur cette question indique que seulement 3% des enfants africains ont accès à une polythérapie à base d’artémisine. Enfin, le représentant a rappelé les initiatives lancées lors du Sommet du G-8 à Hokkaido. Le Cadre d’action de Toyako énumère les actions à prendre dans le domaine de la santé, dont la mise en place d’un mécanisme de suivi pour évaluer les progrès. Il a aussi rappelé que le G-8 s’est engagé à financer la fourniture de 100 millions de moustiquaires imprégnés d’ici à 2010.
M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) rappelé que la réunion avait lieu au milieu de circonstances économiques exceptionnelles caractérisées par un nombre croisant de crises liées à l’alimentation, à l’énergie, aux marchés financiers internationaux et aux changements climatiques. Sans aucun doute, a-t-il assuré, les Africains seront les plus négativement touchés, alors qu’ils rencontrent déjà des difficultés pour atteindre les OMD. Le continent regroupe le plus grand nombre de pays les moins avancés (PMA) et les crises vont faire du tort à leur développement, a-t-il déclaré. Dans ces conditions, la communauté internationale, en particulier les pays développés et les institutions financières internationales, doivent agir rapidement pour répondre à ces développements exceptionnels et leurs répercussions négatives sur les pays africains. L’application de la Déclaration politique sur les besoins du développement de l’Afrique, ainsi que les propositions avancées lors de la Réunion de haut niveau sur les OMD, constituent une base très forte dans ce contexte, a-t-il affirmé. Il n’y a pas de doute, a-t-il ajouté, que le point de départ sera l’application honnête du mécanisme de suivi qu’il faudra adopter d’ici à la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale pour surveiller l’application des engagements pris.
Le représentant égyptien a rappelé que les pays africains ont pris des mesures pour appliquer les engagements pris en vertu du NEPAD, notamment dans des domaines comme l’infrastructure, la santé, l’éducation ou l’agriculture. De véritables progrès ont été accomplis par le continent dans le domaine de la gouvernance, le respect des droits de l’homme et l’approfondissement de la démocratie, s’est-il félicité. En revanche, les pays du G-8 sont à la traîne, a-t-il regretté. Ils ne tiennent pas leurs engagements de doubler leur aide à l’Afrique d’ici à 2010. En outre, la part du continent dans les investissements étrangers demeure basse et limitée à un certain nombre de pays et de secteurs, a-t-il souligné. M. Abdelaziz a aussi déploré l’échec des négociations commerciales du Cycle de Doha, à un moment où l’Afrique ne représente que 2% du commerce international.
Le représentant égyptien à appeler à renforcer le rôle de l’ONU dans le soutien du développement de l’Afrique, tout en rappelant parallèlement le rôle positif joué par l’Union africaine, les institutions et les organisations régionales. L’Égypte, a-t-il dit, soutient les mesures prises par l’ONU pendant l’année écoulée pour répondre aux conflits en Afrique, en coordination avec l’Union africaine ou au travers d’efforts diplomatiques préventifs comme la médiation ou les bons offices, qui ont permis le règlement pacifique de différends au Kenya et au Zimbabwe. M. Abdelaziz s’est félicité que l’Initiative « Roll Back Malaria », lancée lors du Sommet du Millénaire, ait permis d’élever à 93 le nombre de pays exempts de malaria. La maladie persiste cependant dans 109 pays, a-t-il ajouté, en jugeant nécessaire de continuer à soutenir les efforts pour lutter contre le paludisme. Selon lui, près de la moitié de la population mondiale est menacée par la malaria qui cause la mort de 800 000 personnes par an. Il a ainsi plaidé pour la résolution des aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC), en particulier dans le commerce des médicaments et des vaccins.
M. JOHN MCNEE (Canada) a déclaré que le Canada apporte sa contribution aux efforts déployés par l’Afrique pour réaliser les OMD. Nous veillons en outre à doubler notre aide internationale, de sorte qu’elle atteindra 5 milliards de dollars d’ici à 2010-2011. Plus particulièrement, a-t-il dit, nous tenons l’engagement qui a été pris de doubler l’aide à l’Afrique, ce qui se traduira par une contribution totale de 2,1 milliards de dollars cette année. Dans le même élan, a-t-il poursuivi, notre pays s’attache à délier l’ensemble de son aide alimentaire et souhaite également délier son aide au développement d’ici à 2012-2013, conformément à la Déclaration de Paris et au Plan d’action d’Accra. Par ailleurs, a poursuivi le représentant, nous nous sommes engagés à accroître notre aide bilatérale à l’éducation de base en Afrique, qui passera de 100 à 150 millions de dollars annuellement d’ici à 2010-2011. Toutefois, a-t-il souligné, le développement africain doit également faire des avancées dans le secteur privé. C’est pourquoi le Canada, l’un des premiers pays à montrer qu’une gestion durable des ressources naturelles procure d’importants avantages économiques, a lancé le Partenariat minier africain.
En outre, grâce à la création d’un Fonds pour les transitions démocratiques, le Canada s’emploie à mieux répondre aux crises qui touchent les jeunes démocraties. Au cours de la dernière décennie, a indiqué M. McNee, nous avons aidé à la tenue d’élections libres en République démocratique du Congo (RDC), au Ghana, au Mali, au Mozambique, au Nigéria, en Tanzanie et en Zambie. Il a cependant regretté que des ratés aient été observés au cours de certains processus électoraux. Aussi, le Canada exhorte-t-il les gouvernements africains à tenir la promesse faite à leurs citoyens lors de l’adoption, en janvier 2007, de la Charte africaine pour la démocratie, les élections et la Gouvernance.
La délégation s’est ensuite dite fière de donner suite au NEPAD et au Mécanisme africain d’examen par les pairs et s’est réjoui de l’intégration de ces dispositifs aux travaux de l’Union africaine. Premier pays à apporter une contribution au Fonds d’affectation spéciale du Mécanisme, le Canada s’est engagé à verser 5 millions de dollars additionnels sur deux ans, de 2007 à 2009, pour aider à promouvoir l’adhésion au principe de la gouvernance démocratique. Prenant ensuite acte des progrès importants réalisés afin d’améliorer la situation de la paix et de la sécurité en Afrique, le Canada a annoncé un concours financier de 10,3 millions de dollars sur trois ans pour renforcer les capacités de police du maintien de la paix en Afrique, y compris pour la mise sur pied de centres d’excellence africains dans le domaine du maintien de la paix. Face à la détérioration de la situation humanitaire au Darfour, le représentant a exhorté toutes les parties au conflit à cesser les hostilités et à protéger les civils, ainsi qu’à faciliter les opérations humanitaires et le déploiement de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD). Le Canada, a-t-il précisé, a apporté une contribution de plus de 477 millions de dollars depuis 2006 à la paix au Soudan. Le représentant a souligné l’importance de la tenue d’élections libres en 2009 prévue par l’Accord de paix global.
M. John McNee a ensuite estimé que la reprise des affrontements dans l’est de la RDC réduisait presque à néant les espoirs de paix et de stabilité qu’avaient fait naître le Communiqué de Nairobi, les Accords de Goma et l’entrée en vigueur de la Conférence sur les Grands Lacs. Il a exhorté les parties à respecter la légitimité étatique et la parole donnée par suite de la signature d’accords de cessez-le-feu.
M. MARTYM. NATALEGAWA (Indonésie) a déclaré qu’en Afrique, le développement et la paix « se fusionnaient », permettant ainsi de créer des conditions propices à des progrès continus. Il a estimé que cette situation était principalement imputable au travail de la Commission de consolidation de la paix (CCP), pour ensuite rappeler que depuis 1960, l’Indonésie contribue de façon « significative » au maintien de la paix en Afrique. Il a ensuite estimé que le secteur privé devait participer au financement des activités de consolidation et de maintien de la paix, en reconnaissance du fait que le commerce ne peut être prospère en situation de conflit.
Le représentant s’est ensuite félicité de « l’intensification » de l’aide internationale au développement destiné à l’Afrique, relevant cependant que l’étendue des défis auxquels le continent africain est confronté exige toujours plus d’appuis et d’engagements. Il a notamment évoqué le fléau du VIH/sida, du paludisme et de la tuberculose, ainsi que les taux élevés de mortalité infantile, la pauvreté et le manque d’infrastructures. Au vu des crises actuelles, le représentant indonésien a estimé que la communauté internationale devait fournir le même appui à l’Afrique qu’elle avait accordé à l’Europe à l’issue des deux Guerres mondiales. Il a également insisté sur l’importance de la coopération bilatérale et trilatérale ainsi que de la coopération Sud-Sud. Le représentant a ensuite expliqué que grâce au Nouveau Partenariat stratégique Asie-Afrique, l’Indonésie participait au renforcement des capacités, au transfert de technologies et à la création de nouvelles variétés de riz mieux adaptées aux conditions agricoles de l’Afrique. Notre principal objectif est de permettre à l’Afrique de réaliser les OMD, a-t-il affirmé avant de conclure.
M. DUMISANI SHADRACK KUMALO (Afrique du Sud) a souligné que la crise actuelle a un impact direct sur le continent africain, en raison des prix élevés des denrées alimentaires et du pétrole et des incertitudes sur les marchés financiers. Elle constitue une menace non seulement pour les résultats du NEPAD mais aussi pour les améliorations obtenues ces dernières années sur le continent. Les prix élevés des denrées alimentaires réduisent les revenus des plus pauvres, a-t-il dit. Les gouvernements africains se trouvent également sous pression pour tenir leurs engagements dans des domaines comme la santé publique ou l’éducation. En outre, la crise financière risque d’affecter la cohérence et la consistance des systèmes financiers et de commerce qui viennent en appui au développement, a-t-il ajouté.
M. Kumalo a appelé la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour soutenir le NEPAD afin d’empêcher que le fossé entre l’Afrique et les pays développés ne s’accroisse à l’avenir. Il est important que l’impact des politiques monétaires des pays développés, leurs politiques commerciales, en particulier leurs subventions commerciales, ne fassent pas reposer sur l’Afrique un poids financier et économique supplémentaire. Plus que jamais, le continent a besoin que la communauté internationale affiche une volonté politique sans équivoque pour appliquer d’urgence tous les engagements pris à l’égard de l’Afrique. Pour que le NEPAD soit un succès, un véritable partenariat entre l’Afrique et la communauté internationale est nécessaire, a-t-il insisté. Il a ainsi souligné l’importance, pour la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, de se penche sur un mécanisme d’examen de l’application des engagements pris, comme décidé lors de la récente Réunion de haut niveau.
Le représentant sud-africain a souligné que l’Union africaine a réalisé des progrès substantiels dans la prévention de conflits sur le continent et que la communauté internationale doit maintenant s’impliquer davantage, aux côtés des organisations régionales africaines, pour assurer une paix et un développement durables face aux crises et aux défis mondiaux. Selon lui, l’UA a pris toute la responsabilité de la paix et la stabilité en Afrique. Mais le continent a besoin d’un partenariat mondial. Le rôle de la communauté internationale doit avoir pour objectif de soutenir les priorités africaines dans la prévention de conflit, la gestion de conflits et de situation de postconflit, a-t-il expliqué. Le représentant sud-africain s’est également déclaré convaincu que la lutte contre le paludisme peut être gagnée par toutes les nations, en détruisant les moustiques à l’origine de la maladie, une politique que de nombreux pays développés ont adoptée.
M. KYAW TINT SWE (Myanmar) a déclaré qu’en dépit de son dynamisme et de son potentiel, l’Afrique avait besoin du soutien du système des Nations Unies et de la communauté internationale pour réaliser les OMD. Il a affirmé que la promotion d’un système commercial équitable et ouvert serait en mesure d’aider l’Afrique à réaliser son développement économique. En outre, les partenaires et les donateurs de l’Afrique doivent tenir les engagements pris lors du Sommet de Gleneagles et renforcer le niveau de l’aide publique au développement, a ajouté le représentant, qui a aussi estimé que la réduction de la dette était indispensable pour permettre à l’Afrique d’éradiquer la pauvreté et d’atteindre la croissance. Il est également déterminant, a-t-il dit, que la communauté internationale apporte à l’Afrique un soutien technique et financier dans des domaines stratégiques comme l’agriculture, le commerce, les infrastructures de développement, la santé et l’éducation. Enfin, le financement du développement doit également porter sur les politiques d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.
M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus) a déclaré que la réaction aux besoins de l’Afrique en matière de développement était un « test de maturité » pour l’humanité entière. Il a expliqué que bien que le Bélarus ne soit pas un pays donateur, il était prêt à examiner des façons « novatrices » d’investir en Afrique dans les domaines, notamment, de l’éducation, du commerce et de la technologie ainsi que grâce à la « considérable expérience » de son pays dans le secteur agricole. Le représentant a ensuite estimé que l’ONU devait procéder à une étude approfondie sur la fixation des prix des marchandises achetées en Afrique par des compagnies transnationales puis revendues sur les marchés internationaux. De son avis, l’ONU devrait également contribuer au renforcement du rôle et des capacités de l’Union africaine, en appuyant, notamment, son Conseil de paix et de sécurité. Le représentant du Bélarus a également engagé les pays africains à participer au débat thématique de l’Assemblée générale sur l’accès aux technologies propres. Il a, par ailleurs, salué la décision prise lors du Sommet de l’Union africaine d’établir un plan d’action pour enrayer la traite des êtres humains. Le représentant a conclu en appelant l’Afrique et l’ONU à mettre en place une stratégie qui, fondée sur les leçons tirées dans la mise en œuvre du NEPAD, contribuerait à la réalisation des OMD.
M. TAHA MOHAMAD (Soudan) a rappelé que l’Afrique a réalisé des progrès notables depuis la mise en œuvre du NEPAD, ce qui témoigne de l’engagement des pays de la région à mettre le continent sur la voie du développement. Il a cependant souligné que l’Afrique demeure le seul continent à souffrir d’obstacles majeurs pour lutter contre la pauvreté et pour atteindre les OMD. En conséquence, il a plaidé pour des efforts concertés avec le NEPAD. Le représentant soudanais a expliqué que la réunion de haut niveau du 22 septembre dernier a constitué une étape importante pour renforcer le NEPAD. Selon lui, la Déclaration a souligné les engagements pris par les États Membres sur les besoins particulier de l’Afrique pour son développement. En conséquence, il a appelé à traduire les engagements en actes. Il a demandé à la communauté internationale de rendre plus équitable et plus inclusif le système économique mondial, afin de renforcer la participation de l’Afrique dans les marchés internationaux.
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, le représentant du Soudan a plaidé pour un élargissement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Il a aussi demandé une augmentation de l’APD, en pointant le doigt sur les pays développés qui n’avaient toujours pas tenus leurs engagements. Le manque de prévisibilité de l’aide est un problème dangereux pour l’Afrique, a-t-il prévenu. Il a aussi rappelé que la moitié de la population mondiale souffre du paludisme. Des études, a-t-il précisé, ont établi un lien entre le réchauffement climatique et la propagation des moustiques qui transmettent la maladie. Il a conclu en prévenant que le ralentissement de l’économie mondiale, la hausse des prix des denrées alimentaires et les changements climatiques peuvent entraver la lutte contre le paludisme et la mise en œuvre du NEPAD. Il a ainsi plaidé pour un leadership clair dans le domaine du développement, afin de permettre des reformes du système commercial international. Il a réitéré son appel à l’accroissement de l’APD, tout en l’adaptant au principe d’appropriation nationale.
M. D. RAJA (Inde) a appuyé l’appel lancé, lors de la Réunion de haut niveau du 22 février dernier, par le Président de l’Union africaine, selon lequel la communauté internationale avait l’obligation morale d’assister l’Afrique dans ses efforts pour s’extraire du piège de la pauvreté. Pour sa part, l’Inde a toujours été engagée aux côté de l’Afrique, ce partenariat englobant les secteurs prioritaires des objectifs de développement. La Déclaration de Dehli et le Cadre de coopération entre l’Inde et l’Afrique, adoptés en début d’année, consacrent « notre quête commune de croissance économique et de développement durables ».
Les domaines dans lesquels l’Inde apporte en priorité son aide sont le renforcement des capacités, l’agriculture, le développement des infrastructures, la santé, la sécurité alimentaire et la coopération technologique, a indiqué le représentant. Il a annoncé l’augmentation par son pays de ses lignes de crédit pour l’Afrique, qui atteindront le montant de 5,4 milliards de dollars.
S’agissant plus précisément du renforcement des capacités, il a indiqué qu’actuellement, ce sont plus de 15 000 étudiants africains qui suivent un cursus dans une université indienne. En outre l’Inde entreprendra, au cours des cinq ou six prochaines années, de financer des projets dans les sciences, l’éducation, les technologies de l’information, l’agriculture et les énergies renouvelables. Le représentant a ensuite indiqué que lors du Sommet du Forum du partenariat entre l’Inde et l’Afrique, l’une et l’autre avaient décidé d’œuvrer ensemble à attirer l’attention de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur des questions telles que les subventions agricoles, en particulier au secteur du coton. L’Inde a fait une déclaration unilatérale de levée des droits de douane et de quotas pour les biens en provenance des 34 pays les moins avancés en Afrique, a précisé M. Raja.
Évoquant enfin la question du paludisme, il a estimé que les ressources, comme l’accès aux traitements, étaient inadéquats. En outre, a-t-il ajouté, les difficultés du monde en développement à reculer ce fléau soulignent la nécessité de changer de manière fondamentale les ADPIC, comme le souligne clairement la Déclaration de Doha. L’accès aux traitements est une partie fondamentale du droit à la santé, a-t-il lancé en conclusion.
Mme
J'kaz !

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