NEW YORK, USA, 16 octobre 2008/African Press Organization (APO)/ Moins dun mois à peine après les Réunions de haut niveau sur le développement de lAfrique, ce continent était à nouveau à lhonneur aujourdhui à lAssemblée générale, où les pays africains ont dit craindre limpact des crise alimentaire, énergétique et financière sur les progrès enregistrés dans la mise en uvre du Nouveau partenariat pour le développement de lAfrique (NEPAD). Outre le NEPAD, la quarantaine dorateurs qui se sont succédé à la tribune ont évalué les progrès et les lacunes dans la lutte contre le paludisme et le rétablissement de la paix en Afrique.
Comme la dit le représentant du Nigéria, à lorigine du NEPAD aux côtés de lAfrique du Sud, de lAlgérie et du Sénégal, le Nouveau Partenariat a permis des avancées dans de nombreux secteurs dont ceux des infrastructures, de lagriculture, de la santé ou encore de léducation. Son homologue du Sénégal a cité lédification de la Grande muraille verte et la mise en place dune connexion des états africains par réseau haut débit. Celui de la Zambie sest attardé sur un projet délectrification couvrant lAfrique australe et lAfrique orientale. Les pays africains se sont aussi enorgueillis du Mécanisme dexamen par les pairs (MAEP) auquel ont adhéré 29 pays, à ce jour.
Mais ces acquis, ont-ils prévenu, pourraient être compromis par les crises financière, alimentaire et énergétique. En conséquence, à la veille des Réunions dAccra sur lefficacité de laide et de Doha sur le financement du développement, les délégations ont salué la proposition du Secrétaire général de mettre sur pied un mécanisme novateur pour coordonner les actions des donateurs dans les domaines de laide, du commerce et de la viabilité de la dette. De nombreux orateurs ont insisté pour que lAssemblée générale se prononce à sa soixante-cinquième session.
Le représentant de la Tunisie a, par exemple, averti que si la tendance actuelle se poursuit, le G-8 ne mettra pas entièrement en uvre les engagements pris au Sommet de Gleneagles visant à doubler laide à lAfrique dici à 2010, pour la porter à 50 milliards de dollars par an. Or, a-t-il précisé, la pleine réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique (OMD) dici à 2015 nécessitera une enveloppe annuelle de 72 milliards de dollars.
Une réponse est venue du représentant du Canada qui a spécifié que son pays doublera son aide à lAfrique, ce qui se traduira, cette année, par une contribution totale de 2,1 milliards de dollars. Au nom de lUnion européenne (UE), son homologue de la France a rappelé que 62% des aides bilatérales de lUE vont à lAfrique. Rien quen 2005-2007, lUnion a transféré un montant total de 250 millions deuros à lappui de larchitecture africaine de paix et de sécurité et promis 300 millions deuros supplémentaires pour la période 2008-2010.
Le rôle prééminent de lUnion africaine dans le règlement des conflits a été justement salué, en particulier laction de son Conseil de paix et de sécurité. Le représentant de lAlgérie a saisi cette occasion pour revenir sur la récente demande dinculpation du Président du Soudan émise par la Cour pénale internationale (CPI). Une demande, a-t-il dit, « qui risque de mettre à mal les efforts de paix menés au Sud-Soudan et au Darfour ». Il a donc appelé le Conseil de sécurité à invoquer larticle 16 du Statut de Rome pour geler cette procédure pendant un an.
Pour sa part, le représentant du Canada a dit craindre que la reprise des affrontements dans lest de la République démocratique du Congo (RDC) réduise « presque à néant » les espoirs de paix dans la région. Il a exhorté les parties à respecter les accords signés.
Quels que soient les efforts entrepris sur le front des conflits, le développement de lAfrique se heurtera toujours à lobstacle du paludisme, si rien nest fait, ont alerté les pays africains. Quelque 800 000 personnes meurent toujours chaque année dont 91% en Afrique, ont rappelé les délégations. Le représentant de lInde a plaidé pour un changement « radical » du régime des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) alors que son homologue du Sénégal a vu dans la démultiplication du projet « Villages du Millénaire » une « contribution décisive ».
LAssemblée générale poursuivra ce débat lundi, 20 octobre à partir de 10 heures.
SIXIÈME RAPPORT COMPLET DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LES PROGRÈS DE LA MISE EN UVRE ET LAPPUI INTERNATIONAL AU NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LAFRIQUE (NEPAD) (A/63/212)
Demblée, indique le rapport, dans le contexte actuel, où le ralentissement de léconomie mondiale se conjugue avec les prix élevés des denrées alimentaires et du pétrole, la mise en uvre concrète du Nouveau Partenariat pour le développement de lAfrique et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne sera possible quavec lengagement ferme et la volonté politique claire des pays africains mais aussi des partenaires internationaux de développement.
Le rapport ne nie pas les progrès réalisés par les pays africains dans la mise en uvre des priorités sectorielles du NEPAD, mais appelle à ladoption urgente de mesures pour atténuer limpact socioéconomique du prix élevé et croissant des denrées alimentaires au moyen dune révolution verte africaine menée dans le cadre du Programme intégré pour le développement de lagriculture en Afrique.
Les pays africains devraient également allouer des ressources plus importantes et adopter des réformes appropriées en vue dencourager davantage le secteur privé à participer aux projets du NEPAD. De leur côté, les partenaires de développement devraient renforcer laide au développement et la rendre plus efficace afin que les Objectifs soient remplis dans les délais prescrits.
Si la communauté internationale et les pays africains ne prennent pas des mesures politiques appropriées, lamélioration des conditions de vie de millions dAfricains se verra remise en question. Des infrastructures modernes et efficientes -axes routiers, équipements dans le domaine de leau, de la technologie de linformation et des communications, par exemple- sont indispensables pour assurer une croissance économique soutenue et un secteur privé productif, souligne le rapport.
Les gouvernements africains devraient donc continuer dappliquer des réformes institutionnelles propres à attirer les capitaux privés et développer les partenariats entre secteur public et secteur privé pour financer des projets déquipement. Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, par exemple, ils pourraient encourager les pays producteurs de pétrole à investir leurs fonds souverains dans linfrastructure, recommande le Secrétaire général.
En outre, poursuit-il, maintenant que 7 pays ont fait lobjet dun examen par les pairs et que 29 participent au processus du Mécanisme dévaluation intra-africaine, il est essentiel que les gouvernements mettent en uvre les recommandations formulées par le Mécanisme dans ses rapports de pays, et que le processus dexamen saccélère de façon que la proportion de pays ayant déjà lancé le processus augmente rapidement.
Pour tenir leur engagement daccroître, dici à 2010, leur aide de 50 milliards de dollars, dont la moitié au bénéfice de lAfrique, les pays du G-8 devraient de leur côté intensifier leur aide publique au développement (APD) et améliorer lefficacité de cette aide, préconise également le rapport. Les gouvernements africains et les partenaires de développement devraient conclure des pactes formels définissant les rôles et les responsabilités de chacun de telle sorte que les engagements financiers soient tenus et alignés sur les systèmes nationaux.
Alors que des partenaires de développement nouveaux et émergents renforcent sensiblement leur engagement à légard de lAfrique, il est essentiel que tous les donateurs, tant traditionnels que nouveaux, mettent sur pied un mécanisme novateur pour coordonner leurs actions dans les domaines de laide, du commerce et de la viabilité de la dette. Le troisième Forum de haut niveau sur lefficacité de laide qui se tiendra prochainement à Accra au Ghana sera loccasion de se pencher sur les nouvelles dimensions de lharmonisation de laide et de la collaboration des donateurs, estime le rapport.
Lallégement de la dette a stimulé les investissements dans la santé et léducation de base, rappelle le Secrétaire général. Toutefois, les effets conjoints de la hausse brutale des prix du pétrole et des denrées alimentaires risquent de faire obstacle à des niveaux dinvestissement soutenus dans ces secteurs sociaux. Aussi, dans le cadre dune coopération Sud-Sud efficace, on pourrait envisager de créer un mécanisme par lequel les pays tirant des revenus exceptionnels de leurs exportations de pétrole verseraient une contribution aux pays africains les plus vulnérables, ajoute en conclusion le rapport.
APPLICATION DES RECOMMANDATIONS CONTENUES DANS LE RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION DUNE PAIX ET DUN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE (A/63/212)
Dans un premier temps, ce rapport passe en revue les progrès accomplis dans lapplication des recommandations contenues dans le rapport (A/52/871-S/1998/318) du Secrétaire général. Il offre ensuite un bref aperçu des faits nouveaux survenus en Afrique au cours de lannée écoulée en matière de paix et de sécurité, sattardant sur les graves problèmes que lAfrique et la communauté internationale cherchent à résoudre pour rétablir et préserver la paix et relever les pays dévastés par un conflit.
Un chapitre consacré au maintien de la paix examine la situation au Sahara occidental, en Côte dIvoire, en Éthiopie et en Érythrée, au Libéria et en République démocratique du Congo, ainsi que dans la région du Darfour, au Tchad et en République centrafricaine et en Somalie. Le rapport se penche également sur la consolidation de la paix au Burundi, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau et en République centrafricaine.
Le rapport traite aussi des progrès accomplis sagissant des mesures supplémentaires à court terme proposées dans le rapport de lan dernier pour aider à éliminer les conflits en Afrique, et ce dans lattente dun examen systématique de limpact des nouveaux problèmes et des nouvelles menaces contre la paix et le développement durables à long terme.
Le rapport indique que la communauté internationale doit continuer à aller de lavant et appuyer les efforts des organisations régionales et sous-régionales africaines, afin dassurer une paix et un développement durables. Il souligne également limportance de réduire la prolifération de petites armes, de mettre un terme au climat de violence et de favoriser la création demplois dans les pays sortant dun conflit.
NOTE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LA DÉCENNIE 2001-2010: POUR FAIRE RECULER LE PALUDISME DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT, PARTICULIÈREMENT EN AFRIQUE (A/63/219)
Le présent rapport souligne que les fonds et les principaux produits visant à prévenir et soigner le paludisme ont commencé dès 2005 et surtout en 2006 à être de plus en plus disponibles en Afrique. Ainsi, un total de 688 millions de dollars a été consacré en 2006 à la lutte antipaludique en Afrique, mais comme seul 26 pays sur 45 ont présenté des données financières, ce chiffre est probablement en deçà de la réalité, relève le rapport.
Par ailleurs, depuis 2006, entre un quart et un tiers des personnes exposées au paludisme dans les ménages ont accès à des moustiquaires imprégnées dinsecticide, un taux cependant bien plus faible que lobjectif dau moins 80%. Lutilisation de ces moustiquaires par les enfants et les femmes enceintes prend du retard. Certains ménages sont pourvus de moustiquaires, qui ne sont pas utilisées par les enfants et les femmes enceintes pourtant les plus exposés au risque, précise le rapport.
En moyenne, seul 3% des enfants atteints de fièvre ont reçu une polythérapie à base dartémisinine. Les doses acheminées vers les pays ont été insuffisantes mais lépuisement des stocks au niveau des établissements sanitaires et le manque daccès aux points de distribution sont aussi probablement en cause. Le rapport note que ladministration de deux doses de traitement préventif intermittent aux femmes enceintes reste également très faible (18%), comparée à lobjectif dau moins 80%.
À léchelle de la région OMS de lAfrique, rien nindique que les cas de paludisme et les décès imputés à cette maladie aient baissé à partir de 2006, note le Secrétaire général. Mais les pays et régions qui sont le théâtre dinterventions énergiques accusent une baisse sensible des cas et des décès dus au paludisme; cest le cas de lÉrythrée, du Rwanda, de Sao Tomé-et-Principe et de Zanzibar (République-Unie de Tanzanie). En outre, dans au moins 22 pays ou régions du monde, les cas de paludisme ont baissé de 50% au cours de la période 2000-2006, tandis quau moins 29 pays seraient en voie datteindre les objectifs dallégement du fardeau du paludisme dici à 2010.
Dans ce contexte, il faut davantage de fonds et de moustiquaires imprégnées dinsecticide, de polythérapies et de pulvérisation intradomiciliaire dinsecticide, afin que lobjectif du recul du paludisme et que les Objectifs du Millénaire pour le développement puissent être atteints en 2010 et 2015 respectivement. En outre, le Secrétaire général recommande aux pays et aux partenaires de renforcer les systèmes dinformation sanitaire pour que limpact et les données en matière de logistique soient surveillés en permanence à léchelon du pays et du district, ainsi que dans les centres de soins.
Les partenaires de la lutte contre le paludisme devraient également résoudre les problèmes actuels de financement et de délais de livraison.
Débat conjoint
M. MIGUEL DESCOTO BROCKMANN, Président de la soixante-troisième session de lAssemblée générale, a appelé, en pleine crise économique, à renforcer les efforts pour protéger lAfrique dun recul de laide au développement du continent. Il a déclaré que sa préoccupation saggrave, au fur et à mesure que la crise financière sapprofondit. Nous devons nous rappeler que la planète est notre demeure et que les Africains sont nos frères et surs, a-t-il souligné. Même sil est impopulaire pour les politiciens de dire des choses pareilles, a ajouté M. dEscoto, le temps est venu de se serrer la ceinture. Selon lui, des sacrifices douloureux sont nécessaires et ils doivent être partagés par tous, sans exception. Le Président de lAssemblée générale a rappelé la Réunion de haut niveau organisée pendant le débat général sur le développement de lAfrique. Il sest déclaré encouragé par les déclarations des dirigeants du monde qui ont appelé avec passion à maintenir les engagements pris, en dépit de lhorizon qui sobscurcit. Avant la Conférence internationale de Doha sur le financement du développement, M. dEscoto a appelé les États Membres à renouveler leur solidarité et leur détermination à affronter ensemble la tempête.
M. GEORGE O. OWUOR (Kenya), intervenant au nom du Groupe africain, sest félicité de ladoption, le 22 septembre dernier, de la Déclaration politique des chefs dÉtat et de Gouvernement sur les besoins de lAfrique en matière de développement. Il a estimé quil importe dexaminer la question du développement en Afrique en prenant en compte « laffaiblissement » de léconomie mondiale, une conséquence, selon lui, des crises énergétique, alimentaire et financière. Signalant ensuite que les prévisions indiquent que la croissance de lAfrique devrait ralentir en 2008, le représentant a estimé que la communauté internationale devait appuyer les objectifs du Nouveau Partenariat pour le développement de lAfrique en matière damélioration des infrastructures économiques et de création dun environnement propice à linvestissement et à la croissance. Il a également déclaré quen Afrique, les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne seront atteint quen adoptant des mesures proactives qui permettront daccélérer les progrès de façon « substantielle ».
Rappelant que lUnion africaine sétait engagée à trouver, dici à 2010, une solution à linstabilité politique et aux conflits qui sévissent en Afrique, le représentant kényen a passé en revue les diverses initiatives lancées par cette institution à cette fin. Il a également remercié les partenaires du développement pour leur contribution à la lutte contre le paludisme. Avant de conclure, le représentant kényen a engagé les Nations Unies à créer, dici la soixante-cinquième session de lAssemblée générale, un mécanisme de suivi destiné à examiner la mise en uvre de tous les engagements ayant trait au développement en Afrique, afin de sassurer que les États Membres demeurent saisis de la question des besoins spécifiques du continent en matière de développement.
Sexprimant au nom de lUnion européenne (UE), M. PHILIPPE DELACROIX (France) a salué les progrès réalisés par lAfrique, tant dans son organisation avec le développement de lUnion africaine (UA) que dans le domaine économique. Pour autant, les défis que le continent doit relever demeurent particulièrement importants. « Le NEPAD, dont lambition est de donner une feuille de route vers la renaissance de lAfrique, constitue à cet égard un outil important et nous nous sommes tous engagés à contribuer activement à sa mise en uvre », a assuré le représentant.
Saluant le rythme des revues du Mécanisme africain dévaluation par les pairs (MAEP), lUnion européenne a souligné la nécessité pour ce Mécanisme de figurer au cur du Partenariat UE-UA sur la gouvernance démocratique et les droits de lhomme. M. Lacroix a déclaré que lUnion européenne soutenait les efforts en cours pour renforcer les liens entre le NEPAD et lUA et salue à cet égard laction engagée en ce sens en juin dernier par M. Jean Ping, le Président de la Commission de lUnion africaine. Les crises actuelles rendent particulièrement nécessaire cette cohérence daction entre le NEPAD et lUnion africaine, a estimé M. Delacroix.
Le représentant français a ensuite réitéré lengagement de lUE aux côtés du continent africain, comme en témoigne le fait que celle-ci est son premier partenariat de développement: 62% des aides bilatérales allouées sur le plan régional par lUnion européenne sont allées à lAfrique et elle a réaffirmé quelle tiendrait ses engagements. En outre, en 2005-2007, lUE a transféré un montant total de 250 millions deuros à lappui de larchitecture africaine de paix et de sécurité et promis 300 millions deuros supplémentaires pour la période 2008-2010. Elle est également présente par son opération EUFOR, a précisé M. Delacroix.
Abordant la question du paludisme, il a rappelé que cette maladie touchait encore 40% de la population mondiale et précisé que, sur les 105 pays concernés par ce fardeau, 45 se situent en Afrique. Cette tragédie humaine fait chaque année 800 000 victimes, dont 91% sur le continent, constituant ainsi la principale cause de mortalité des jeunes enfants africains et un grave handicap au développement et à léquilibre africains, a ajouté le représentant. Consciente des obstacles logistiques, mais surtout économiques, auxquels sont souvent confrontés les pays lorsquils mettent en uvre les mesures antipaludiques, lUnion européenne soutient les actions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et UNITAID, qui ont permis des progrès considérables en matière daccès aux moustiquaires imprégnées de longue durée et aux traitements ACT. Les pays membres de lUE et la Commission européenne représentent 60% des ressources du Fonds mondial, a précisé M. Delacroix.
En conclusion, le représentant a insisté sur le fait que lUnion européenne était pleinement engagée contre le paludisme. Les résultats observés dans certains pays démontrent que léradication de la pandémie est à notre portée, a-t-il affirmé, avant de se dire convaincu quil était possible datteindre lObjectif no 6 du Millénaire. Pour cela, a-t-il cependant prévenu, la mobilisation doit être globale et rassembler les gouvernements, les organisations internationales, le secteur privé et la société civile.
M. DON PRAMUDWINAI (Thaïlande), intervenant au nom de lAssociation des nations de lAsie du Sud-Est (ANASE), a estimé que le succès du développement en Afrique sera un succès « pour nous tous ». Il a souhaité que la communauté internationale mette laccent sur lélaboration et le renforcement de partenariats à bénéfice mutuel plutôt que sur la création de systèmes de dépendance. Il a indiqué que lANASE appuyait le NEPAD car il renforce la coopération entre organisations régionales. Le représentant a ensuite engagé la communauté internationale à maintenir lélan créé lors du Débat de haut niveau sur le développement en Afrique.
Après avoir passé en revue diverses initiatives lancées par lAsie pour aider lAfrique, le représentant a estimé que lANASE et lUnion africaine devaient avoir plus dinteraction. Il a ensuite expliqué que de nombreux experts des pays membres de lANASE travaillaient sur le continent africain dans les domaines du développement des ressources humaines, du renforcement des capacités, de la santé publique, des maladies infectieuses, de la sécurité alimentaire ou encore du développement agricole et de la pêche. M. Pramudwinai a également suggéré détablir des partenariats « trilatéraux » qui permettraient dencourager le potentiel « synergétique » entre lANASE, lAfrique et les pays donateurs. Rappelant que le développement de tout pays exige un environnement international favorable, le représentant a également engagé les parties concernées à mettre fin à la crise financière, exhortant notamment les donateurs à ne pas laisser la crise actuelle enfreindre leur engagement à inverser le déclin des contributions à lAPD.
M. GEORGE TALBOT (Guyana), qui sest exprimé au nom de la Communauté et du Marché commun des Caraïbes, a dit la solidarité des pays des Caraïbes avec lAfrique. Il a souligné les nombreuses mesures prises par lAfrique et ses partenaires pour assurer lapplication de plans de développement régionaux et subrégionaux. Il a cependant rappelé les nombreux défis qui subsistent dans le continent et a plaidé pour des investissements plus importants dans le domaine des infrastructures, de lindustrie et des capacités humaines et institutionnelles. Le représentant du Guyana a aussi prévenu que lAfrique allait subir les conséquences de la crise financière actuelle, dautant plus que la menace dune réduction de laide publique constitue désormais une perspective réelle, étant donné que les pays développés se battent pour sauvegarder leurs systèmes financier et bancaire.
Cette crise démontre notre interdépendance, a-t-il dit. Dans la foulée de la crise alimentaire et de la hausse des prix du pétrole, la crise financière nous rappelle que les politiques de pays importants ont de sérieuses implications sur les autres nations, notamment en Afrique. Selon le représentant, les pays développés portent une responsabilité particulière. Ils doivent sassurer que leurs politiques intérieure et extérieure contribuent à la paix, la stabilité et la prospérité dans le monde. En conséquence, ils doivent faire preuve dune plus grande cohérence, notamment dans leurs politiques financières, commerciales, de développement et environnementales. La CARICOM, a dit le représentant, soutient la déclaration de la Réunion de haut niveau du 22 septembre, appelant au respect de tous les engagements pris pour le développement de lAfrique, a-t-il dit.
M. Talbot a aussi regretté que les pays du G-8 naient pas tenu leurs engagements de doubler leur aide au développement de lAfrique dici à 2010. Le soutien au continent doit être augmenté de manière substantielle et doit être plus effectif, a-t-il déclaré. Des progrès considérables sont possibles si la communauté internationale sengage, a-t-il insisté, avant de demander que le commerce soit soutenu en Afrique, par une plus grande intégration régionale et internationale. En outre, compte tenu de limportance de lagriculture dans le développement du continent et de la crise alimentaire, les pays africains doivent sefforcer datteindre lobjectif de la Déclaration de Maputo, de consacrer 10% des dépenses publiques au secteur agricole. Le représentant du Guyana a également apporté son soutien aux efforts de lAfrique pour améliorer la gouvernance politique et économique et renforcer les mécanismes de participation et dinclusion de tous les secteurs de la population.
M. LESLIE K. CHRISTIAN (Ghana) a estimé que les efforts de lAfrique en matière de développement se voyaient enfreints par la crise financière, limpasse des pourparlers de Doha, et « labsence générale » dun environnement économique international « favorable ». Relevant que peu de pays africains avaient réussi à consacrer 15% de leurs dépenses publiques à la santé, le représentant a expliqué que les limites financières et institutionnelles « chroniques » que connaissent les pays africains avaient été aggravées par la fuite des cerveaux. Passant à léducation, il a déclaré que son pays estime « inacceptable » que plus de 1,4 million denfants ghanéens ne soient pas scolarisés, indiquant ensuite que son pays avait lancé un programme universel de scolarisation gratuite allant de la maternelle au cycle secondaire. Un accent particulier est placé sur léducation des filles, a-t-il précisé, relevant toutefois que certaines contraintes économiques et culturelles constituaient des facteurs de résistance.
Le Ghana espère atteindre les OMD dans le domaine de la santé, a-t-il poursuivi. Il a expliqué que son gouvernement avait lintention daugmenter laccès aux services de santé et daméliorer la qualité des soins et daugmenter le nombre de programmes de prévention. Le Ghana a réussi à fournir des soins médicaux gratuits aux femmes enceintes, sest-il félicité. Il a cependant averti que son pays ne parviendrait pas à réduire la mortalité infantile dici à 2015 à cause des problèmes de rétention du personnel médical, entre autres. Le représentant a également expliqué que le paludisme était responsable de la mort de 22% des enfants ghanéens de moins de cinq ans. M. Christian sest ensuite félicité de lengagement du Secrétaire général à enrayer le paludisme dici à 2010, estimant que cela ôterait « un obstacle important » au développement économique, et impulserait un élan à la réalisation dau moins quatre des huit OMD.
M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que le développement socioéconomique de lAfrique était indispensable. Nous sommes attachés à la mise en uvre du NEPAD, qui constitue selon le représentant la voie principale pour permettre à lAfrique de réaliser les OMD. La Déclaration politique adoptée lors de la Réunion ministérielle de septembre dernier ne fait quencourager lélan de la communauté internationale en faveur de lAfrique, a-t-il souligné. Il a ensuite salué la dynamique positive observée sur le continent pour faciliter laccès des enfants dAfrique subsaharienne aux écoles, mais a regretté lexpansion de la pandémie de VIH/sida. Il a ensuite rappelé que son pays avait apporté une aide concrète à plusieurs pays africains, qui ont réalisé depuis des progrès significatifs vers leur développement. Nous avons parallèlement augmenté nos contributions aux programmes nationaux daide au développement et versé à ce jour près de 40 millions de dollars au Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.
Plusieurs compagnies russes, a poursuivi le représentant, ont de leur côté réalisé des investissements conséquents dans lamélioration des infrastructures physiques de divers pays africains, a encore précisé M. Churkin. Quant au problème de la faim et de lapprovisionnement alimentaire qui continue de se poser douloureusement en Afrique, il rend plus que jamais nécessaire, a-t-il prévenu, lutilisation dengrais pour renforcer la productivité agricole. Sagissant des conflits armés, le représentant a salué la mise en place plus fréquente de systèmes dalerte rapide. La Fédération de Russie apporte en outre son concours à lélaboration de cadres stratégiques dans la région, a-t-il indiqué. Afin de renforcer le potentiel du maintien de la paix, le Gouvernement russe a pris la décision de verser 2 millions de dollars au Fonds pour la consolidation de la paix, a conclu M. Churkin.
M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a rappelé que la Réunion de haut niveau du 22 septembre dernier sur le développement de lAfrique est intervenue à point nommé. Elle a permis à la communauté internationale, notamment les pays développés, de renouveler leur engagement à apporter le soutien nécessaire au développement du continent. La Réunion a également permis de signaler que, au rythme où vont les choses actuellement, si rien de fondamental nest entrepris dici là, la plupart des pays africains natteindront pas les OMD dici à 2015. Il a aussi rappelé que le débat intervient dans un contexte international marqué par une crise mondiale multiforme. Selon lui, lAfrique est pénalisée à double titre. Dune part, elle est moins préparée à y faire face, et dautre part, elle risque de subir les répercussions négatives de la crise sur le niveau de laide au développement.
Le représentant algérien a souligné limportance du cadre novateur du NEPAD et la donne nouvelle quil introduit dans les relations du continent avec ses partenaires étrangers. Créé et voulu par les pays africains eux-mêmes, le NEPAD leur permet dattirer lattention de leurs partenaires de développement sur les grands sujets de préoccupation du continent. Il repose dabord sur les potentialités nationales et régionales africaines et répond à une nécessité et des besoins que les pays du continent ont eux-mêmes définis. M. Benmehidi a souligné la nécessité dune plus grande implication et dune plus grande générosité de la communauté internationale envers le NEPAD qui a permis des progrès considérables dans les secteurs des infrastructures, de la santé ou de léducation, a-t-il assuré.
Le représentant algérien a salué la contribution de nombreux pays partenaires dont lengament et laction couplée à celle des pays africains eux-mêmes ont fait la différence sur le terrain, notamment par lallègement de la dette des pays en développement les plus lourdement endettés. Selon lui, le taux dendettement des pays africains est passé de 212% à 23,1% de la fin des années 90 à la fin 2007. En revanche, il a regretté que laide publique au développement (APD) soit encore loin datteindre 0,7% du PIB des pays donateurs. La tendance à la baisse sest confirmée en 2007 où lAPD à lAfrique a subi une chute de 20%, a-t-il affirmé.
Le représentant algérien a aussi rappelé que la part de lAfrique dans le commerce international na cessé de diminuer ces dernières années pour se situer à moins de 2% aujourdhui. Sil dénote la faiblesse des économies africaines, ce faible taux est aussi la conséquence des importantes subventions agricoles accordées par les pays de lOrganisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à leurs exportations agricoles, a-t-il déploré. Selon lui, les pays africains ont non seulement besoin dun accroissement de lAPD mais aussi de mesures concrètes pour que les exportations africaines, composées principalement de produits agricoles, puissent accéder dans des conditions normales aux marchés des pays développés. Il a aussi regretté que les investissements étrangers directs (IED) en Afrique demeurent largement en deçà des besoins.
M. Benmehidi a plaidé pour une paix viable et durable sur le continent. Nulle action de développement ne peut réellement être menée sans un environnement de paix et de stabilité. LAfrique, a-t-il dit, a confirmé sa détermination à assurer sa part dans la prise en charge des processus de règlement des conflits sur le continent. Il est cependant essentiel que la communauté internationale et le Conseil de sécurité continuent de jouer pleinement leur rôle en la matière. Cette action demeure incomplète si elle nest pas suivie systématiquement dactions visant la construction de la paix, a-t-il souligné. Le représentant a conclu sur la récente demande dinculpation du Président du Soudan introduite par la Cour pénale internationale (CPI). Outre son caractère « surprenant et inédit », dans la mesure où elle vise un chef dÉtat en exercice, a-t-il dit, cette procédure risque davoir dun impact négatif réel sur la stabilité de cette région de lAfrique et de soumettre à rude épreuve les efforts de paix menés actuellement dans le Sud-Soudan et dans le Darfour. Il a donc appelé le Conseil de sécurité à mettre en uvre larticle 16 du Statut de Rome pour le gel, pendant un an, de la procédure lancée par la demande du Procureur de la CPI.
M. HABIB MANSOUR (Tunisie) a estimé que le Débat de haut niveau sur les besoins de développement de lAfrique avait permis de dresser létat des lieux de la situation africaine et a mis laccent sur deux principaux constats. Premièrement, a-t-il dit, les besoins, les contraintes, les priorités et les objectifs africains sont bien connus et le problème se situe au niveau de la mise en uvre des engagements pris. Il a demandé la mise en place dun mécanisme de suivi de cette mise en uvre. Deuxièmement, lAfrique est à la fois le seul continent dont les progrès restent en deçà du niveau requis pour la réalisation des OMD et lun des plus sévèrement affectés par les crises alimentaire et énergétique. Par conséquent, a relevé le représentant, lAfrique est confrontée à un double handicap, ce qui menace de compromettre les avancées accomplies.
M. Mansour a ensuite noté que le rapport du Secrétaire général préconisait de mettre en place un mécanisme novateur de coordination des actions entreprises dans le domaine de laide, du commerce et de la viabilité de la dette. Il est à craindre, a-t-il dit, que si la tendance actuelle se confirme, le G-8 ne soit pas en mesure de mettre entièrement en uvre les engagements contractés au Sommet de Gleneagles visant à doubler laide à lAfrique dici à 2010, soit à hauteur de 50 milliards de dollars par an. Or, le Groupe de pilotage a conclu que la pleine réalisation des OMD en Afrique dici à 2015 nécessiterait une enveloppe annuelle de 72 milliards de dollars, a souligné le représentant. Il a déclaré que la Conférence internationale de suivi de Doha constituera une phase importante, voire un véritable tournant, pour consolider les acquis et lancer une nouvelle dynamique en matière de financement du développement.
Il a ensuite estimé que lobjectif « Horizon 2010: une Afrique sans conflit » que le Secrétaire général a formulé, reste conditionné à un certain niveau de croissance économique, de développement humain et de stabilité politique, que de nombreux pays africains ne seront pas en mesure datteindre sans lengagement de tous les partenaires de développement. Le représentant a salué à cet égard les efforts de lUnion africaine et en particulier de son Conseil de paix et de sécurité. Il a aussi salué le travail de la Commission de consolidation de la paix (CCP).
M. SHIGEKI SUMI (Japon) a estimé que la question du développement en Afrique était une des priorités les plus urgentes pour la communauté internationale. Estimant quil était maintenant temps de répondre aux préoccupations de ce continent, le représentant a indiqué que le Japon sétait engagé, au cours des cinq prochaines années, à doubler son aide publique au développement destiné à lAfrique et à fournir jusquà 4 milliards de dollars en prêts à des conditions libérales. Son pays uvrera également pour doubler les investissements japonais privés en Afrique, a-t-il signalé. M. Sumi a également précisé que le Japon salignait sur les priorités établies par le NEPAD, notamment en ce qui concerne les infrastructures, le Plan daction à court terme (PACT) et le Programme intégré pour le développement de lagriculture en Afrique.
Convaincu de limportance de prendre en compte les besoins en matière de sécurité humaine du continent africain lors de la mise en uvre des diverses politiques en matière de développement, le représentant japonais a signalé que son pays sétait engagé à appuyer les pays postconflit du continent. M. Sumi sest ensuite félicité du recul du paludisme dans plusieurs pays africains. Il sest cependant inquiété du fait que le rapport du Secrétaire général sur cette question indique que seulement 3% des enfants africains ont accès à une polythérapie à base dartémisine. Enfin, le représentant a rappelé les initiatives lancées lors du Sommet du G-8 à Hokkaido. Le Cadre daction de Toyako énumère les actions à prendre dans le domaine de la santé, dont la mise en place dun mécanisme de suivi pour évaluer les progrès. Il a aussi rappelé que le G-8 sest engagé à financer la fourniture de 100 millions de moustiquaires imprégnés dici à 2010.
M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) rappelé que la réunion avait lieu au milieu de circonstances économiques exceptionnelles caractérisées par un nombre croisant de crises liées à lalimentation, à lénergie, aux marchés financiers internationaux et aux changements climatiques. Sans aucun doute, a-t-il assuré, les Africains seront les plus négativement touchés, alors quils rencontrent déjà des difficultés pour atteindre les OMD. Le continent regroupe le plus grand nombre de pays les moins avancés (PMA) et les crises vont faire du tort à leur développement, a-t-il déclaré. Dans ces conditions, la communauté internationale, en particulier les pays développés et les institutions financières internationales, doivent agir rapidement pour répondre à ces développements exceptionnels et leurs répercussions négatives sur les pays africains. Lapplication de la Déclaration politique sur les besoins du développement de lAfrique, ainsi que les propositions avancées lors de la Réunion de haut niveau sur les OMD, constituent une base très forte dans ce contexte, a-t-il affirmé. Il ny a pas de doute, a-t-il ajouté, que le point de départ sera lapplication honnête du mécanisme de suivi quil faudra adopter dici à la soixante-cinquième session de lAssemblée générale pour surveiller lapplication des engagements pris.
Le représentant égyptien a rappelé que les pays africains ont pris des mesures pour appliquer les engagements pris en vertu du NEPAD, notamment dans des domaines comme linfrastructure, la santé, léducation ou lagriculture. De véritables progrès ont été accomplis par le continent dans le domaine de la gouvernance, le respect des droits de lhomme et lapprofondissement de la démocratie, sest-il félicité. En revanche, les pays du G-8 sont à la traîne, a-t-il regretté. Ils ne tiennent pas leurs engagements de doubler leur aide à lAfrique dici à 2010. En outre, la part du continent dans les investissements étrangers demeure basse et limitée à un certain nombre de pays et de secteurs, a-t-il souligné. M. Abdelaziz a aussi déploré léchec des négociations commerciales du Cycle de Doha, à un moment où lAfrique ne représente que 2% du commerce international.
Le représentant égyptien à appeler à renforcer le rôle de lONU dans le soutien du développement de lAfrique, tout en rappelant parallèlement le rôle positif joué par lUnion africaine, les institutions et les organisations régionales. LÉgypte, a-t-il dit, soutient les mesures prises par lONU pendant lannée écoulée pour répondre aux conflits en Afrique, en coordination avec lUnion africaine ou au travers defforts diplomatiques préventifs comme la médiation ou les bons offices, qui ont permis le règlement pacifique de différends au Kenya et au Zimbabwe. M. Abdelaziz sest félicité que lInitiative « Roll Back Malaria », lancée lors du Sommet du Millénaire, ait permis délever à 93 le nombre de pays exempts de malaria. La maladie persiste cependant dans 109 pays, a-t-il ajouté, en jugeant nécessaire de continuer à soutenir les efforts pour lutter contre le paludisme. Selon lui, près de la moitié de la population mondiale est menacée par la malaria qui cause la mort de 800 000 personnes par an. Il a ainsi plaidé pour la résolution des aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC), en particulier dans le commerce des médicaments et des vaccins.
M. JOHN MCNEE (Canada) a déclaré que le Canada apporte sa contribution aux efforts déployés par lAfrique pour réaliser les OMD. Nous veillons en outre à doubler notre aide internationale, de sorte quelle atteindra 5 milliards de dollars dici à 2010-2011. Plus particulièrement, a-t-il dit, nous tenons lengagement qui a été pris de doubler laide à lAfrique, ce qui se traduira par une contribution totale de 2,1 milliards de dollars cette année. Dans le même élan, a-t-il poursuivi, notre pays sattache à délier lensemble de son aide alimentaire et souhaite également délier son aide au développement dici à 2012-2013, conformément à la Déclaration de Paris et au Plan daction dAccra. Par ailleurs, a poursuivi le représentant, nous nous sommes engagés à accroître notre aide bilatérale à léducation de base en Afrique, qui passera de 100 à 150 millions de dollars annuellement dici à 2010-2011. Toutefois, a-t-il souligné, le développement africain doit également faire des avancées dans le secteur privé. Cest pourquoi le Canada, lun des premiers pays à montrer quune gestion durable des ressources naturelles procure dimportants avantages économiques, a lancé le Partenariat minier africain.
En outre, grâce à la création dun Fonds pour les transitions démocratiques, le Canada semploie à mieux répondre aux crises qui touchent les jeunes démocraties. Au cours de la dernière décennie, a indiqué M. McNee, nous avons aidé à la tenue délections libres en République démocratique du Congo (RDC), au Ghana, au Mali, au Mozambique, au Nigéria, en Tanzanie et en Zambie. Il a cependant regretté que des ratés aient été observés au cours de certains processus électoraux. Aussi, le Canada exhorte-t-il les gouvernements africains à tenir la promesse faite à leurs citoyens lors de ladoption, en janvier 2007, de la Charte africaine pour la démocratie, les élections et la Gouvernance.
La délégation sest ensuite dite fière de donner suite au NEPAD et au Mécanisme africain dexamen par les pairs et sest réjoui de lintégration de ces dispositifs aux travaux de lUnion africaine. Premier pays à apporter une contribution au Fonds daffectation spéciale du Mécanisme, le Canada sest engagé à verser 5 millions de dollars additionnels sur deux ans, de 2007 à 2009, pour aider à promouvoir ladhésion au principe de la gouvernance démocratique. Prenant ensuite acte des progrès importants réalisés afin daméliorer la situation de la paix et de la sécurité en Afrique, le Canada a annoncé un concours financier de 10,3 millions de dollars sur trois ans pour renforcer les capacités de police du maintien de la paix en Afrique, y compris pour la mise sur pied de centres dexcellence africains dans le domaine du maintien de la paix. Face à la détérioration de la situation humanitaire au Darfour, le représentant a exhorté toutes les parties au conflit à cesser les hostilités et à protéger les civils, ainsi quà faciliter les opérations humanitaires et le déploiement de lOpération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD). Le Canada, a-t-il précisé, a apporté une contribution de plus de 477 millions de dollars depuis 2006 à la paix au Soudan. Le représentant a souligné limportance de la tenue délections libres en 2009 prévue par lAccord de paix global.
M. John McNee a ensuite estimé que la reprise des affrontements dans lest de la RDC réduisait presque à néant les espoirs de paix et de stabilité quavaient fait naître le Communiqué de Nairobi, les Accords de Goma et lentrée en vigueur de la Conférence sur les Grands Lacs. Il a exhorté les parties à respecter la légitimité étatique et la parole donnée par suite de la signature daccords de cessez-le-feu.
M. MARTYM. NATALEGAWA (Indonésie) a déclaré quen Afrique, le développement et la paix « se fusionnaient », permettant ainsi de créer des conditions propices à des progrès continus. Il a estimé que cette situation était principalement imputable au travail de la Commission de consolidation de la paix (CCP), pour ensuite rappeler que depuis 1960, lIndonésie contribue de façon « significative » au maintien de la paix en Afrique. Il a ensuite estimé que le secteur privé devait participer au financement des activités de consolidation et de maintien de la paix, en reconnaissance du fait que le commerce ne peut être prospère en situation de conflit.
Le représentant sest ensuite félicité de « lintensification » de laide internationale au développement destiné à lAfrique, relevant cependant que létendue des défis auxquels le continent africain est confronté exige toujours plus dappuis et dengagements. Il a notamment évoqué le fléau du VIH/sida, du paludisme et de la tuberculose, ainsi que les taux élevés de mortalité infantile, la pauvreté et le manque dinfrastructures. Au vu des crises actuelles, le représentant indonésien a estimé que la communauté internationale devait fournir le même appui à lAfrique quelle avait accordé à lEurope à lissue des deux Guerres mondiales. Il a également insisté sur limportance de la coopération bilatérale et trilatérale ainsi que de la coopération Sud-Sud. Le représentant a ensuite expliqué que grâce au Nouveau Partenariat stratégique Asie-Afrique, lIndonésie participait au renforcement des capacités, au transfert de technologies et à la création de nouvelles variétés de riz mieux adaptées aux conditions agricoles de lAfrique. Notre principal objectif est de permettre à lAfrique de réaliser les OMD, a-t-il affirmé avant de conclure.
M. DUMISANI SHADRACK KUMALO (Afrique du Sud) a souligné que la crise actuelle a un impact direct sur le continent africain, en raison des prix élevés des denrées alimentaires et du pétrole et des incertitudes sur les marchés financiers. Elle constitue une menace non seulement pour les résultats du NEPAD mais aussi pour les améliorations obtenues ces dernières années sur le continent. Les prix élevés des denrées alimentaires réduisent les revenus des plus pauvres, a-t-il dit. Les gouvernements africains se trouvent également sous pression pour tenir leurs engagements dans des domaines comme la santé publique ou léducation. En outre, la crise financière risque daffecter la cohérence et la consistance des systèmes financiers et de commerce qui viennent en appui au développement, a-t-il ajouté.
M. Kumalo a appelé la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour soutenir le NEPAD afin dempêcher que le fossé entre lAfrique et les pays développés ne saccroisse à lavenir. Il est important que limpact des politiques monétaires des pays développés, leurs politiques commerciales, en particulier leurs subventions commerciales, ne fassent pas reposer sur lAfrique un poids financier et économique supplémentaire. Plus que jamais, le continent a besoin que la communauté internationale affiche une volonté politique sans équivoque pour appliquer durgence tous les engagements pris à légard de lAfrique. Pour que le NEPAD soit un succès, un véritable partenariat entre lAfrique et la communauté internationale est nécessaire, a-t-il insisté. Il a ainsi souligné limportance, pour la soixante-cinquième session de lAssemblée générale, de se penche sur un mécanisme dexamen de lapplication des engagements pris, comme décidé lors de la récente Réunion de haut niveau.
Le représentant sud-africain a souligné que lUnion africaine a réalisé des progrès substantiels dans la prévention de conflits sur le continent et que la communauté internationale doit maintenant simpliquer davantage, aux côtés des organisations régionales africaines, pour assurer une paix et un développement durables face aux crises et aux défis mondiaux. Selon lui, lUA a pris toute la responsabilité de la paix et la stabilité en Afrique. Mais le continent a besoin dun partenariat mondial. Le rôle de la communauté internationale doit avoir pour objectif de soutenir les priorités africaines dans la prévention de conflit, la gestion de conflits et de situation de postconflit, a-t-il expliqué. Le représentant sud-africain sest également déclaré convaincu que la lutte contre le paludisme peut être gagnée par toutes les nations, en détruisant les moustiques à lorigine de la maladie, une politique que de nombreux pays développés ont adoptée.
M. KYAW TINT SWE (Myanmar) a déclaré quen dépit de son dynamisme et de son potentiel, lAfrique avait besoin du soutien du système des Nations Unies et de la communauté internationale pour réaliser les OMD. Il a affirmé que la promotion dun système commercial équitable et ouvert serait en mesure daider lAfrique à réaliser son développement économique. En outre, les partenaires et les donateurs de lAfrique doivent tenir les engagements pris lors du Sommet de Gleneagles et renforcer le niveau de laide publique au développement, a ajouté le représentant, qui a aussi estimé que la réduction de la dette était indispensable pour permettre à lAfrique déradiquer la pauvreté et datteindre la croissance. Il est également déterminant, a-t-il dit, que la communauté internationale apporte à lAfrique un soutien technique et financier dans des domaines stratégiques comme lagriculture, le commerce, les infrastructures de développement, la santé et léducation. Enfin, le financement du développement doit également porter sur les politiques datténuation et dadaptation aux changements climatiques.
M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus) a déclaré que la réaction aux besoins de lAfrique en matière de développement était un « test de maturité » pour lhumanité entière. Il a expliqué que bien que le Bélarus ne soit pas un pays donateur, il était prêt à examiner des façons « novatrices » dinvestir en Afrique dans les domaines, notamment, de léducation, du commerce et de la technologie ainsi que grâce à la « considérable expérience » de son pays dans le secteur agricole. Le représentant a ensuite estimé que lONU devait procéder à une étude approfondie sur la fixation des prix des marchandises achetées en Afrique par des compagnies transnationales puis revendues sur les marchés internationaux. De son avis, lONU devrait également contribuer au renforcement du rôle et des capacités de lUnion africaine, en appuyant, notamment, son Conseil de paix et de sécurité. Le représentant du Bélarus a également engagé les pays africains à participer au débat thématique de lAssemblée générale sur laccès aux technologies propres. Il a, par ailleurs, salué la décision prise lors du Sommet de lUnion africaine détablir un plan daction pour enrayer la traite des êtres humains. Le représentant a conclu en appelant lAfrique et lONU à mettre en place une stratégie qui, fondée sur les leçons tirées dans la mise en uvre du NEPAD, contribuerait à la réalisation des OMD.
M. TAHA MOHAMAD (Soudan) a rappelé que lAfrique a réalisé des progrès notables depuis la mise en uvre du NEPAD, ce qui témoigne de lengagement des pays de la région à mettre le continent sur la voie du développement. Il a cependant souligné que lAfrique demeure le seul continent à souffrir dobstacles majeurs pour lutter contre la pauvreté et pour atteindre les OMD. En conséquence, il a plaidé pour des efforts concertés avec le NEPAD. Le représentant soudanais a expliqué que la réunion de haut niveau du 22 septembre dernier a constitué une étape importante pour renforcer le NEPAD. Selon lui, la Déclaration a souligné les engagements pris par les États Membres sur les besoins particulier de lAfrique pour son développement. En conséquence, il a appelé à traduire les engagements en actes. Il a demandé à la communauté internationale de rendre plus équitable et plus inclusif le système économique mondial, afin de renforcer la participation de lAfrique dans les marchés internationaux.
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, le représentant du Soudan a plaidé pour un élargissement de lInitiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Il a aussi demandé une augmentation de lAPD, en pointant le doigt sur les pays développés qui navaient toujours pas tenus leurs engagements. Le manque de prévisibilité de laide est un problème dangereux pour lAfrique, a-t-il prévenu. Il a aussi rappelé que la moitié de la population mondiale souffre du paludisme. Des études, a-t-il précisé, ont établi un lien entre le réchauffement climatique et la propagation des moustiques qui transmettent la maladie. Il a conclu en prévenant que le ralentissement de léconomie mondiale, la hausse des prix des denrées alimentaires et les changements climatiques peuvent entraver la lutte contre le paludisme et la mise en uvre du NEPAD. Il a ainsi plaidé pour un leadership clair dans le domaine du développement, afin de permettre des reformes du système commercial international. Il a réitéré son appel à laccroissement de lAPD, tout en ladaptant au principe dappropriation nationale.
M. D. RAJA (Inde) a appuyé lappel lancé, lors de la Réunion de haut niveau du 22 février dernier, par le Président de lUnion africaine, selon lequel la communauté internationale avait lobligation morale dassister lAfrique dans ses efforts pour sextraire du piège de la pauvreté. Pour sa part, lInde a toujours été engagée aux côté de lAfrique, ce partenariat englobant les secteurs prioritaires des objectifs de développement. La Déclaration de Dehli et le Cadre de coopération entre lInde et lAfrique, adoptés en début dannée, consacrent « notre quête commune de croissance économique et de développement durables ».
Les domaines dans lesquels lInde apporte en priorité son aide sont le renforcement des capacités, lagriculture, le développement des infrastructures, la santé, la sécurité alimentaire et la coopération technologique, a indiqué le représentant. Il a annoncé laugmentation par son pays de ses lignes de crédit pour lAfrique, qui atteindront le montant de 5,4 milliards de dollars.
Sagissant plus précisément du renforcement des capacités, il a indiqué quactuellement, ce sont plus de 15 000 étudiants africains qui suivent un cursus dans une université indienne. En outre lInde entreprendra, au cours des cinq ou six prochaines années, de financer des projets dans les sciences, léducation, les technologies de linformation, lagriculture et les énergies renouvelables. Le représentant a ensuite indiqué que lors du Sommet du Forum du partenariat entre lInde et lAfrique, lune et lautre avaient décidé duvrer ensemble à attirer lattention de lOrganisation mondiale du commerce (OMC) sur des questions telles que les subventions agricoles, en particulier au secteur du coton. LInde a fait une déclaration unilatérale de levée des droits de douane et de quotas pour les biens en provenance des 34 pays les moins avancés en Afrique, a précisé M. Raja.
Évoquant enfin la question du paludisme, il a estimé que les ressources, comme laccès aux traitements, étaient inadéquats. En outre, a-t-il ajouté, les difficultés du monde en développement à reculer ce fléau soulignent la nécessité de changer de manière fondamentale les ADPIC, comme le souligne clairement la Déclaration de Doha. Laccès aux traitements est une partie fondamentale du droit à la santé, a-t-il lancé en conclusion.
Mme
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