|
Pour alimenter le debat sur le panafricnisme je viens vous donner à lire un texte pertinent qui soulève plus de problèmes que de solutions, pas pour créer des obstacles mais pour accélerer selon ce panafricanisme que nous appelons tous de nos voeux. je vous demande de bien comprendre laz subtilité et la pertinence de ce texte. N'hesitez pas à réagir comme d'habitude.
LES ETATS-UNIS DAFRIQUE OU LES ANES UNIS DAFRIQUE ? Par Ayayi Togoata APEDO-AMAH ébut juillet 2007, le gang des dictateurs africains a organisé son traditionnel sommet annuel de lUnion Africaine à Accra au Ghana. Point essentiel de lordre du jour : la création des Etats-Unis dAfrique. De lextraordinaire tohu-bohu, nous avons retenu laffrontement de deux camps irréconciliables : lunion tout de suite contre lunion par étape à partir des regroupements régionaux existants Les Etats-Unis dAfrique ici et maintenant est la plus grande ânerie politique qui mait été donnée à entendre depuis des décennies. Qui en sont les principaux bonimenteurs ? Kaddafi, le Libyen, et le bouffon du Sénégal, Abdoulaye Wade. Deux personnages pas sérieux pour un sou et qui, à la pratique, se révèlent comme les pires ennemis de lAfrique. Il sagit dune dangereuse opération de diversion visant à assouvir les délires mégalomaniaques de deux tyrans démagogues. Pauvres Togolais ! Les imagine-t-on se taper Wade et Kaddafi après avoir subi les Gnassingbe père et fils pendant quarante ans ? Ce serait du masochisme. Pour mieux comprendre les enjeux mesquins et criminels que les ratés qui dirigent lAfrique cachent à leurs concitoyens, il suffit de faire létat des lieux de notre pauvre continent au cours de la première décennie du XXIe siècle, plus exactement en lan 2007. Les maux de lAfrique ont pour noms le refus du développement et la dictature néocoloniale DU REFUS DU DEVELOPPEMENT PAR LES DIRIGEANTS POLITIQUES Le bilan africain des pseudo- indépendances est affligeant : une gestion calamiteuse du bien commun par des prédateurs en col blanc ou en treillis militaire. La kleptocratie civile et militaire post « indépendance » na accédé au pouvoir , à la suite des colons européens pillards, violeurs, menteurs fieffés , racistes et génocidaires, que pour saccaparer de leurs privilèges crapuleux et criminels doccupants ennemis. Les conséquences de cette nouvelle occupation de lAfrique par cette nouvelle race de colons nationaux et parasitaires, se sont vite fait sentir : désillusion, naissance dun lumpen- prolétariat, exode rural massif de paysans sans qualification vers des villes dépourvues dinfrastructures dignes de ce nom pour les accueillir, injustice sociale, discriminations en tous genres, division des couches de la population dans le but de conserver un pouvoir illégitime, consolidation du concept de tribu au détriment du concept de nation ( Les fruits du travail collectif ne profitent majoritairement quà la tribu du chef de lEtat cleptomane et bête comme ses pieds ), mouvements centrifuges des groupes dintérêt ostracisés qui perçoivent le pseudo Etat néocolonial comme leur ennemi, sabotage passif des fonctionnaires, chômage, corruption à haute dose et faillite économique consacrée par les multiples programmes dajustement structurels à rallonge, vote des jeunes africains avec leurs pieds qui fuient vers les mirages de lOccident en transformant la Méditerranée en cimetière marin, inflations et dévaluations en cascade, haine de larmée « nationale » perçue par le peuple comme une armée doccupation étrangère(parfois tribale et tribaliste) Cette kyrielle de maux, qui est loin dêtre exhaustive, est symptomatique dun gangstérisme politique dont lunique objectif réel est lenrichissement crapuleux des lampeurs de soupe qui se cooptent autour de la mangeoire que représente le pouvoir politique. Nous avons toujours pensé et continuons de penser quune véritable étude scientifique de la perception du pouvoir politique en Afrique par les populations serait une véritable mine de renseignements pour la réflexion sur la politique dans nos pays africains Des sondages sommaires, dépourvus de caractère scientifique, que nous avons eu à effectuer au cours de nos réflexions sur la politique, tendent à confirmer lidée selon laquelle dans limaginaire collectif, le pouvoir politique est considéré comme une source denrichissement personnelle pour lindividu qui y accède et sa famille voire son clan ou son ethnie. Là où le bât blesse, cest que cette conception crapuleuse de la politique semble aller de soi au sein de nos populations à telle enseigne que celui qui a une fois accédé au pouvoir et qui ne sest pas enrichi, est souvent un objet de commisération ou de la risée publique. Se servir du pouvoir pour senrichir semble faire partie de la norme sociale. Le fondement de cette conception patrimoniale de la chose publique est limpunité. Cette conception scélérate a été parfaitement illustrée par le tyran congolais Denis Sassou Nguesso sur Radio France Internationale lors de son séjour à Paris début juillet 2007. Sommé de sexpliquer concernant la plainte déposée contre lui et son compère gabonais Omar Bongo pour détournement de biens publics au sujet des appartements luxueux et des châteaux quils possèdent en France, il donna une réponse à la fois naïve et cynique en forme daveu. Il sétonna de cette plainte en se justifiant au prétexte que tous les dirigeants du monde possèdent des immeubles à Paris, notamment ceux du Golfe arabique. Il conclut en dénonçant le relent de racisme et de néocolonialisme de la plainte du collectif des ONG congolaises et françaises à son encontre. Pas un mot du kleptocrate sur lorigine du magot qui lui a permis de soffrir des châteaux sur le dos du malheureux peuple congolais. A bas les jaloux ! Plus les cliques dirigeantes au pouvoir senrichissent, plus les peuples qui les subissent se clochardisent au point de mourir de faim. Au Togo, après la mort du dictateur Gnassingbe Eyadema, le magazine américain Forbes a évalué la fortune amassée durant son interminable règne à 4,5 milliards de dollars soit environ 2500 milliards FCFA ! Cette information reprise par un journal togolais na suscité aucun démenti officiel. La faillite économique de lAfrique est un constat aveuglant. Les politiciens nayant dautres ambitions que le vol, le pillage à linstar des colons prédateurs quils ont remplacés et qui continuent à leur servir de modèles, ne peuvent concevoir le développement de lAfrique. Cest la raison pour laquelle ils se contentent de gérer le néocolonialisme pour le compte des puissances coloniales déguisées en « partenaires privilégiés » et en bailleurs de fonds. Gérer le néocolonialisme, cest gérer le développement du sous-développement en bradant les ressources du continent aux prédateurs occidentaux et autres. Tel est le prix que ces dirigeants indignes doivent payer pour conserver leurs postes. Léconomie africaine, basée essentiellement sur la culture de rente, est complètement dévastée. Elle demeure aussi archaïque quà lépoque de linvention de lagriculture, il y a de cela dix ou quinze mille ans. Le paysan reste courbé, comme ses ancêtres primitifs, sur sa houe rudimentaire à gratter le sol sous le chaud soleil. Le rendement à lhectare est dérisoire. Pas dirrigation, pas de tracteurs ! Les cultures de rente imposées naguère par les colons pour leurs besoins, ont même pris plus dimportance aujourdhui que les cultures vivrières au détriment de lalimentation de la population. Le Ghana et la Côte dIvoire sont en compétition pour occuper la première place de producteur de cacao et se livrent pieds et mains liés au caprices des fluctuations du marché manipulé par les spéculateurs esclavagistes de Londres, Paris, New York, Tokyo Au début des années 1990, un planteur ivoirien de cacao pouvait sacheter une Peugeot 404 bâchée avec la récolte de dix hectares ; au début des années 2000, avec la même superficie, il peut tout juste soffrir les roues du même véhicule ! Contrairement aux discours méprisants et racistes des colonialistes occidentaux, qui qualifient les Africains de paresseux, ceux-ci sont de gros travailleurs. Mais ils vivent un paradoxe dramatique. Plus ils séchinent à bosser dur, plus les fruits de leur labeur samenuisent ! Le tra vail qui appauvrit lhomme au lieu de lenrichir, sapparente à de lesclavage ! Aussi sommes-nous fondé à parler du nouveau visage de lesclavage en Afrique. A limage du colonialisme qui a entrepris sa mue en Afrique sous les oripeaux du néocolonialisme, lesclavage a lui aussi revêtu un nouveau boubou puant de misère. A limage des pays, les universités sont devenues des îlots de contestation pour des étudiants souvent réduits à la mendicité et des enseignants-chercheurs sous-payés et exploités mais qui font souvent le jeu du pouvoir oppressif et illégitime par leur penchant maladif au carriérisme politico-administratif, synonyme de prostitution, dadhésion au réseaux mafieux dinfluence fasciste ou néocolonialiste. Pour faire carrière, certains sont obligés de vendre leur âme au diable parce quils aiment le confort et largent facile des postes pour lesquels ils sont cooptés et qui leur permet de voler le peuple ou de se faire octroyer des prébendes juteuses. Tous lorgnent en direction des strapontins ministériels. Quand ils atteignent leur but, quels ministricules minables ils font ! Le paradoxe de luniversité africaine, cest que contrairement aux universités des pays développés, elle nest pas un outil de développement, mais une usine à fabriquer des chômeurs. Cela ne peut surprendre dans la mesure où elle nest pas le fruit dune réflexion dun projet mûri de développement des pays africains. Faute dêtre une locomotive, elle est un wagon, pire un chariot déglingué de fumier puant quil faut pousser à bout de bras avec des ahans terribles pour en dégager les roues engluées dans la gadoue de la cancrerie et des obscénités intellectuelles anti-universitaires. Nos universités sont pleines duniversitaires mais elles sont désertées par lesprit universitaire, celle qui justement permet démettre des réflexions sur loutil de formation et de recherche quelle est par rapport à son environnement, par rapport aux grands axes de développement des pays. Labsence de vision prospective est la principale caractéristique des staffs universitaires généralement cooptés par la machine à magouilles des régimes en place. Au sein de cette racaille diplômée, lon ne recherche pas lexcellence, mais le larbinisme, le mensonge, le maquignonnage et lobscurantisme qui sont les ennemis mortels de la vérité et de la science ! Dire la vérité, cest prendre le risque de perdre son poste avec les privilèges qui y sont attachés. Les dirigeants des universités sont-ils téméraires avec la vérité ? Que nenni ! Un mensonge pour un royaume ! Revêtus de la toge de la souillure, de la vanité insolente des médiocres et de la singerie, les mercenaires universitaires qui assassinent lesprit universitaire dans sa dimension populaire, laïque et intellectuelle, peuvent senorgueillir davoir rabaissé nos universités au niveau de grands lycées ! Un double ban pour ces doctes sires ! Le refus de faire de nos universités des laboratoires consacrés à la réflexion sur le présent et lavenir de nos Etats est symptomatique dun monde universitaire qui souffre dun vertigineux déficit de vrais intellectuels. En Afrique, le confusionnisme à la mode consiste à se proclamer intellectuel dès que lon a décroché un diplôme de lenseignement supérieur ! Cest comique, mais cest la réalité. Il nest pas rare non plus de voir des enseignants-chercheurs cacher lextrême indigence de leur pensée derrière leurs grades universitaires surtout lorsquils sont revêtus de robes de cérémonie comme des femmes avec sur leurs crânes crépus ou tondus des toques de cuisinier ! Mais de quelle cuisine sagit-il ? La cuisine infecte de lopportunisme, du plagiat et de lignorantisme. Les affreux marmitons ! Comment sétonner dans ces conditions que luniversité africaine soit un solide bastion du fascisme ? Elle est fasciste dans son esprit, dans sa pédagogie archaïque qui rappelle la scolastique médiévale dont se gaussait lécrivain de la Renaissance, François Rabelais, à cause des maîtres qui obligeaient les élèves à réciter par cur leurs cours à lendroit et à lenvers sans omettre la moindre virgule, car leur savoir devait refléter la voix du maître et non leur jugeote. Elle est fasciste à travers ses dirigeants qui sont souvent des délateurs et des militants zélés des ex-partis uniques qui les ont recyclés pour tenir luniversité sous haute surveillance. Elle est fasciste parce que les régimes fascistes en font un instrument de dressage et de manipulation des étudiants. Elle est fasciste parce quelle est un lieu de discriminations ethniques, politiques, religieuses et autres. Elle est fasciste enfin parce quelle est transformée en camp retranché par les ennemis de la pensée qui ne respectent pas les franchises universitaires. Les universités francophones sont littéralement prises en otage par la France dont les diktats font office de lois à travers, notamment le Conseil Africain et Malgache de lEnseignement Supérieur ( CAMES ), un épouvantail répressif qui contrôle, oriente et promeut les carrières des enseignants-chercheurs, impose le cursus des étudiants. Même si les promotions sont politiquement douteuses au vu du profil de certains bénéficiaires fort médiocres qui, une fois promus, se croient sortis de la cuisse de Jupiter malgré le fait quils sont la risée de leurs collègues et des étudiants qui ne les connaissent que trop bien. Le contrôle du CAMES est de règle tant sur le plan scientifique que sur le plan académique. Il sagit dun flicage systématique et éhonté qui permet à la France de faire piller et plagier les travaux des chercheurs africains par quelques pseudo africanistes français, crapuleux et plagiaires fieffés, qui sattribuent les bénéfices de leurs recherches en modifiant la ponctuation et les titres. Il est rare que les ministres de lEducation et de lEnseignement Supérieur soient choisis en dehors de luniversité en Afrique. Lénergumène coopté, généralement un gnasse alimentaire et opportuniste, sans ambition pour luniversité et son pays, a ordre de fermer sa grande gueule, de senrichir frauduleusement, de gérer la domestication, par létranger, de notre système universitaire afin de faire perdurer notre dépendance économique, culturelle et intellectuelle. Qui se souvient que Trouduc ou Machin-Chouette fut ministre de lEducation et de lEnseignement Supérieur dans son pays ? Léchec de luniversité africaine, cornaquée par de vulgaires commis aux écritures portant titre de chercheur, est assourdissant. Cela mérite examen de conscience, mais encore faut-il que les dignitaires indignes soient dotés dune conscience et dune moralité pour faire cet examen qui est devenu une curiosité dans nos sociétés malades atteintes dune grave crise morale. Malgré linstrumentalisation fascisante et fasciste de luniversité, il existe des enseignants antifascistes qui résistent et qui créent, à travers leurs réflexions intellectuelles iconoclastes, des espaces pour la pensée libre et débridée, en marge dun ordre du discours fondé sur lhypocrisie, le mensonge et les mythes abrutissants. Là où la pensée est à luvre, la lumière fait toujours reculer les ténèbres de lesprit au profit du progrès de lhumanité. Léducation ne saurait sapparenter à un vulgaire dressage pavlovien dune jeunesse appelée à relever de fantastiques défis au nom de la survie de lhumanité en Afrique. Bien que la tendance insensée et anti-universitaire actuelle soit au mimétisme - pire à la singerie le bon sens finira par prévaloir sur le crétinisme ambiant lorsque le système et les cancres qui lincarnent auront changé. Lune des faces hideuses de ce crétinisme est la façon dont les universités du pré carré francophone, à la botte de la France colonialiste et amie des dictateurs africains demi lettrés ou semi- analphabètes, plagient bêtement le système LMD (Licence-Master-Doctorat) des universités occidentales sans faire la moindre réflexion sur le rôle de lenseignement supérieur dans les pays africains sous-développés. Dans le rôle humiliant de simple consommatrice écervelée de savoir que lui font jouer lEtat et les savantasses incultes de sa direction, luniversité africaine sans budget de recherche, sans bibliothèques, sans laboratoires, sans locaux suffisants, sans revues et éditions scientifiques, sans bourses et voyages détudes, avec des enseignants clochardisés, ne sera véritablement capable de renverser la vapeur de lobscurantisme et de la régression, en devenant à son tour exportatrice de savoir, quà la condition que les peuples dAfrique balayent impitoyablement tous les régimes néocolonialistes et scélérats qui complotent à leur régression de connivence avec les puissances impérialistes et esclavagistes qui pompent et pompent inlassablement la sueur et le sang du nègre comme ils pompent le pétrole, sans état dâme. DE LA DICTATURE NEOCOLONIALE BETE ET MECHANTE LAfrique précoloniale unie et idyllique est un conte de fée pour débiles mentaux profonds. Elle était éclatée et des Etats rivaux sy disputaient la suprématie, ce qui a dailleurs facilité la traite négrière. Après la défaite, les colons ont charcuté le continent à leur guise pour soctroyer des espaces avec des peuples serfs taillables et corvéables à merci. Comme si la balkanisation coloniale et le crime contre lhumanité de lacte de colonisation et de christianisation ne suffisaient pas, les dirigeants africains nont eu de cesse de diviser et diviser encore et encore, inlassablement, méthodiquement lAfrique avant et après lindépendance. Le laquais de la France, Léopold Sédar Senghor, sur ordre de ses maîtres, a rayé de la carte de lAfrique la Fédération du Soudan (Sénégal et Mali ) dun trait de plume. Le traître Félix Houphouet-Boigny, en 1958, avec laval de la France, sempressa de jeter dehors, comme des malpropres, les ressortissants togolais et dahoméens de son pays, la Côte dIvoire. Après les indépendances factices, la xénophobie des gouvernements a servi et sert encore à offrir des boucs émissaires à leurs peuples naïfs afin de cacher leur incompétence et leur gabegie. A ce niveau de la bêtise criminelle, il y a beaucoup démulation. Le Nigeria, le Ghana, la Côte dIvoire de lidéologie nazie de livoirité, le Gabon, les deux Congo, lAfrique du Sud, lAlgérie, le Maroc et la Libye nont rien à envier à la France du Hongrois Nicolas Sarkozy Nagy. Au Togo, le régime militaire du clan Gnassingbe recourt à la xénophobie en livrant les Ibo du Nigeria, en pâture à la population, comme boucs émissaires pour évacuer sa responsabilité au niveau de lextraordinaire climat dinsécurité qui prévaut au Togo et du trafic de drogue dont le pays est devenu une plaque tournante régionale. Mais le champion du monde toutes catégories en la matière est le tyran libyen, le petit Mouammar Kadhafi. A la moindre mésentente avec un chef dEtat africain, il jette dehors, comme on jette des ordures à la poubelle, les ressortissants de ce chef dEtat pour se venger. Le comble, cest que ces émigrés, bien souvent en règle avec les services de limmigration, sont expulsés quasiment tout nu puisquils ne sont pas, bien souvent, autorisés à emporter leurs biens. Ces biens sont pillés par la police et les voisins nationaux. Ceux des expulsés dont les épouses et les filles ne sont pas violées sestiment heureux. Le racisme et la haine du noir qui caractérisent lAfrique du nord, sont exacerbés en Libye de Kadhafi. Et dire que cest ce xénophobe narcissique qui se métamorphose en champion des Etats-Unis dAfrique ! Cela fait sourire quand on connaît le bonhomme et pitié quand on se rend compte quil existe des gens naïfs de bonne foi pour le croire et le suivre dans ses chimères. Et que dire des régimes génocidaires du Rwanda et du Burundi, et du Soudan au Darfour, le malheureux Pays des Four ? Et des monstrueux esclavagistes qui sévissent encore en toute légalité en Mauritanie, au Soudan et au Niger ? Les guerres civiles et les conflits armés qui nen finissent pas densanglanter lAfrique sont une terrible tragédie que vivent les peuples de Côte dIvoire, dAngola, du Mozambique, des deux Congo, de Centrafrique, du Liberia, de Sierra Leone, du Sénégal en Casamance, de Somalie, du Tchad, du Soudan, dEthiopie, dErythrée, du Sahara Occidental Presque partout, les forces centrifuges prennent le pas sur les forces centripètes à même de consolider lEtat et de favoriser lémergence de la nation. Les élites dirigeantes sont les plus grands communs diviseurs de lAfrique. En vue de conserver des pouvoirs usurpés et illégitimes, les gouvernements sarc-boutent sur larmée et le tribalisme, la corruption et une stratégie de la terreur. Lorganisation délections dites « à la togolaise » inventées et peaufinées par Eyadema fait partie du scénario. Cest un produit dexportation très prisé par les gouvernements africains. Cest le clan Gnassingbe qui a accompli le coup de force de transformer la République en monarchie héréditaire et bananière de droit divin au Togo, à travers le dictateur de sinistre mémoire, Gnassingbe Eyadema, et son rejeton, Faure Gnassingbe. Les élections systématiquement truquées avec laval de vieux croulants séniles de Cours constitutionnelles aux ordres, parce que corrompus, sont précédées et suivies par de sanglantes répressions et des ratonnades contre les opposants, les démocrates, les défenseurs des droits de lHomme voire les militaires et gendarmes qui ont manqué de zèle au cours des tueries antidémocratiques. En Afrique, le pouvoir est au bout du fusil ou des élections frauduleuses. Telle est la norme politique qui conforte le constat dune crise morale dès lors que les premiers responsables politiques des pays ne sont pas capables de se présenter à leurs administrés comme des modèles incarnant des valeurs positives, bref des éducateurs de la nation. Bien au contraire, ils sont perçus comme des voleurs, des assassins et des minables par le peuple qui leur voue haine et mépris. La conséquence désastreuse de cette situation, qui relève du gangstérisme politique, est que les tenants du pouvoir politique et larmée sont considérés par les peuples dAfrique comme des ennemis, des prédateurs sans foi ni loi. Pire : au niveau de la gouvernance et de lédification de lEtat et de la nation, le divorce entre le pouvoir et le savoir semble consommé pour longtemps. Y eut il jamais union entre le savoir et le pouvoir après les « indépendances » ? Il est permis den douter, sinon nous nen serions pas là aujourdhui. La rupture entre savoir et pouvoir vient, pensons-nous, du malentendu des « indépendances ». Une véritable indépendance est toujours une révolution, une rupture avec un état antérieur de la société. Or il se fait quen Afrique, cette indépendance na été quune ruse des colons avec la complicité des élites politiques et intellectuelles de lépoque. Une indépendance octroyée consacre le passage du statut de pays colonisé à celui plus complexe de pays néo-colonisé. Habilement, le colon, en octroyant une pseudo indépendance, visait à empêcher la révolution. En quoi devait constituer la révolution ? A associer les politiques et lintelligentsia pour dessiner les grands linéaments de lédifice des futurs Etats à partir dun projet de développement, cest-à-dire de libération et de rupture avec lordre colonial abhorré. Le nouveau statut néocolonial sassimilait à la substitution physique des colons par des Africains trop contents de cette promotion pour contester le nouvel ordre de domination qui voyait les colonisés eux-mêmes gérer leur propre asservissement pour le compte des Etats colonialistes européens. Lorsque lon se substitue aux colons, il est tout à fait normal de se comporter en colon vis-à-vis de son propre peuple. Telle a été la démarche régressive des élites africaines. Cest ainsi que sont apparus les colons noirs et arabes dans le paysage politique africain. Devant cette analyse qui crève les yeux, il faut sattendre aux objections des esprits chagrins et nostalgiques dun passé quil ont mythifié pour se bercer dillusions à la façon des bambins qui demandent, tous les soirs, avant de se coucher, à leur maman, de leur lire un conte de fée avant de sendormir. En Afrique noire, ils citeront immanquablement les cas de ceux quils qualifient pompeusement de nationalistes : Ahmed Sekou Toure pour la Guinée (Konakry) et Sylvanus Olympio pour le Togo. A ces esprits lents, nous rétorquerons ceci : depuis quand se libère-t-on du colonialisme par des élections ? Les colons se sont-ils installés par la voie démocratique dun référendum ou par la force des fusils et des canons ? La France, par exemple, avait-elle besoin dun référendum pour quitter ses colonies ? Avait-elle besoin de lautorisation des colonisés quelle torturait, chicotait et volait avant de renoncer à ses conquêtes coloniales ? Entre lindépendance tout de suite et lindépendance différée de deux ou trois ans, quelle différence sinon celle de la ruse qui a servi à diviser les colonisés ? Dans tous les cas, il sest agi dune indépendance octroyée par le colon ; et le bilan de la gouvernance des faux nationalistes qui ont trahi leurs peuples, qui eux, étaient sincères dans leur nationalisme, est aussi catastrophique que celui des béni-oui-oui. Mêmes Etats mendiants économiquement sinistrés, mêmes dictatures obscurantistes, mêmes cultures de limpunité et du mensonge, mêmes violations systématiques des droits de lHomme accompagnées de traitements inhumains, cruels et dégradants. La France en a voulu à Sekou Toure et Sylvanus Olympio parce quils voulaient changer de maîtres lUnion Soviétique pour la Guinée et lAllemagne, le premier colonisateur, pour le Togo et non parce quils voulaient être indépendants. Quand lesclave change de maître, il nabolit pas pour autant lesclavage ! Deuxième objection : les pays devenus indépendants après une lutte armée. Cas de lAlgérie, des pays dAfrique du Nord en générale, et des colonies portugaises (Mozambique, Angola, Guinée Bissau et Cap Vert). Les longues et meurtrières guerres de libération menées par certains pays dAfrique nont eu pour objectif principal, pour les dirigeants et stratèges de cette lutte, que le départ du colon afin de les remplacer par une bourgeoisie politico -administrative. Au lieu de toucher au système colonial dexploitation de lhomme africain asservi, les nouveaux dirigeants ont préféré le simple changement dhommes pour se substituer aux colons afin de jouir des mêmes privilèges crapuleux queux sur le dos du peuple. La désillusion a été terrible pour tous les peuples des pays libérés par les armes. Des dictatures obscurantistes, se cachant sous des doctrines politiques de pacotille, prétendument révolutionnaires, aussi sonores que des tonneaux vides, ont servi décran de fumée, de mystification pour justifier la confiscation du pouvoir par les anciens combattants, et leur pillage du pays. Lancienne légitimité acquise de haute lutte sur les champs de bataille sest muée en usurpation, en méthodes de voyous. La tragédie pour ces peuples, a été le fait dassister impuissants au retour triomphal des colons par la fenêtre ! Le cas algérien est symptomatique. Pendant la guerre, nombreuses étaient les femmes moudjahiddines, les combattantes. Certaines même commandaient des hommes voire des wilayas avec un courage et une efficacité exemplaires. Une fois la guerre finie, les hommes qui ont combattu sous leur commandement, les ont reléguées à la cuisine et leur ont imposé le voile sous la menace de la violence physique et de la charia islamique archaïque. Malgré le départ des colons, rien navait changé pour les femmes ! Pire, celles qui avaient été violées par larmée française ont été répudiées par leurs maris dès leur retour du maquis ! Ces différents exemples nous ont montré quun pouvoir coupé du savoir est un pouvoir voué au crétinisme, à laventurisme et à la régression. Dans le cas de lAfrique, où le seul modèle de gouvernance pour les nouvelles équipes dirigeantes est celui des occupants européens asservisseurs et esclavagistes, les politiques nont pas été capables dinventer un nouveau mode de gouvernance qui prenne en compte les aspirations légitimes des peuples au mieux-être, au développement. La rupture avec le colonialisme na pas été possible, car la trahison est passée par là. Des compatriotes ont pris la place de lennemi avec cynisme et cruauté. Les choses sont telles de nos jours que ce sont les aveugles qui conduisent les borgnes pour le plus grand malheur des peuples martyrs. Le développement est un mode dorganisation de la société considérée comme un tout. Il est humain, matériel, spirituel, culturel, artistique et obéit à une rationalité dans la mesure où il est pensé, organisé, dans le cadre dune politique globale, nationale, prenant en compte les données internes et externes et lenvironnement géopolitique. Lorsque nous évoquions, tout à lheure, le cas de luniversité en Afrique, cétait déjà une façon dillustrer la rupture radicale entre le pouvoir et le savoir. Luniversité qui comporte en son sein une frange non négligeable de lélite intellectuelle nationale, est une institution dépendante, traînée comme un wagon de queue par des organismes étrangers africanisés comme le CAMES pour donner lillusion dune autonomie. La grande menace est celle-ci : « Vos diplômes doivent nécessairement être reconnus en Occident, sinon ils ne vaudront rien ». LAfrique forme-t-elle ses diplômés pour lOccident ou pour elle-même ? Est-ce sa mise sous tutelle par limpérialisme qui assure la qualité de son enseignement et de sa recherche ? Cette allégeance indigne nest que lexpression dune aliénation à limage de la société néocoloniale. Une université sans autonomie est incapable de jouer le rôle de locomotive au niveau de la recherche, du développement et de la réflexion intellectuelle sur le plan national. Lhétéronomie qui consacre lobsolescence de notre enseignement supérieur est lexpression du complot contre lémancipation des peuples africains dont les agents les plus dangereux sont des Africains à la solde de létranger et de ses réseaux mafieux. Nos universitaires adorent les prébendes et les perdis et donc la prostitution au nom du carriérisme et de lopportunisme. Dans ces conditions, même si le pouvoir le voulait ce qui na jamais été le cas jusquà présent luniversité ne serait pas capable de lui apporter le savoir dont il a besoin pour jeter les bases du développement et de la libération de lAfrique. Lhétéronomie, cest le discours de lautre et le rapport complexé du sujet avec lautre comme nous les ont révélé les spécialistes de linconscient que sont Freud et Lacan. Luniversité africaine est non seulement aliénée, mais aussi aliénante. Elle constitue, de par sa situation dhétéronomie, un grave facteur daliénation, de complexe dinfériorité pour ses enseignants et étudiants. En affinant lanalyse du savoir, nous débouchons inévitablement sur le couple savoir et vouloir en nous appuyant sur le psychanalyste Cornélius Castoriadis : « Le régime social empêche précisément la population de savoir et de vouloir. ( )Tout embryon de ce savoir et de ce vouloir qui peut se manifester en un endroit de la société est constamment entravé, combattu, à la limite écrasé par les institutions existantes. ( ) Le savoir et le vouloir ne sont pas pure affaire de savoir et de vouloir. ( ) Ce nest pas seulement que la situation sociale est « étudiée pour » instiller dès avant la naissance, passivité, respect de lautorité, etc. Cest que les institutions sont là, dans la longue lutte que représente chaque vie, pour mettre à tout instant des butées et des obstacles, pousser les eaux dans une direction, finalement sévir contre tout ce qui pourrait se manifester comme autonomie. Cest pourquoi celui qui dit vouloir lautonomie et refuse la révolution des institutions ne sait ni ce quil dit ni ce quil veut (souligné par nous). Limaginaire individuel ( ) trouve sa correspondance dans un imaginaire social incarné dans les institutions, mais cette incarnation existe comme telle et cest aussi comme telle quelle doit être attaquée » (1) Dès lors que lon adhère à cette analyse, luniversité comme institution aliénante en Afrique doit être révolutionnée à double titre : dabord comme espace de création et de transmission du savoir et ensuite comme objet daliénation de la société. Une société est toujours aliénée par rapport à ses propres institutions que le philosophe Louis Althusser nomme les « appareils idéologiques dEtat » (AIE). La lutte pour la libération de lAfrique de la double emprise impérialiste et fasciste est une lutte pour lautonomie des individus et de la société, étant donné que lune est impossible sans lautre. Lautonomie individuelle est conditionnée par lautonomie sociale. Cest une relation de solidarité entre lipséité et laltérité. Que peut-on attendre des régimes analphabètes qui sopposent à la volonté de libération des peuples dAfrique ? Rien ! Il faut les balayer et refonder toutes les institutions par rapport à lautonomie (soi) recherchée contre la domination impérialiste (lautre) qui a revêtu le manteau de la mondialisation esclavagiste. ____________________ 1) Cornélius CASTORIADIS, LInstitution imaginaire de la société, Paris, Seuil, Coll. Point Essais, 1975, pp.162-3 Les Africains doivent comprendre que leurs ennemis possèdent en leur sein une cinquième colonne quils doivent identifier et combattre dans un esprit offensif plutôt que dadopter en guise de stratégie la fuite hors du continent pour aller jouir des fruits du développement imaginé et conçu par dautres. Il sagit dun esprit de facilité et de défaitisme qui conforte les tyrannies dans la mesure où ceux qui savent et sont en mesure de vouloir les combattre désertent le terrain. Cette mentalité de chacun pour soi à laquelle lon assiste en voyant des grappes humaines prendre dassaut les consulats des pays occidentaux pour lobtention problématique dun visa, véritable sésame pour lEldorado, retarde la lutte et démobilise la jeunesse par leffet de diversion des départs à laventure et sans visas qui conduisent une partie non négligeable de nos forces vives à aller perdre la vie dans la mer, entre deux continents, sur de misérables radeaux de fortune. Le paradis rêvé se transforme tragiquement en enfer pour de pauvres hères qui nont pour toute sépulture que le sable et les algues des fonds marins et le ventre vorace des poissons. Le slogan à la mode au Sénégal, au sein de la jeunesse désoeuvrée et clochardisée, est « Barça ou barsa », cest-à-dire Barcelone (Barça), ville espagnole, ou la mort (barsa) en langue wolof. LAfrique aussi a la capacité de se développer en un temps record. Cela suppose un leadership clairvoyant pour organiser le travail avec discipline par rapport à des objectifs précis et un Etat fort. Mais le préalable incontournable consiste à bouleverser les institutions de la domination aliénante et de lobscurantisme pour impulser le mouvement à la société toute entière. Confrontés à des idéologies importées des puissances hégémoniques ennemies, les peuples africains, par manque de repères au sein de la culture nationale et de la société néocoloniale, eu égard aux enjeux de la modernité, se livrent, presque en désespoir de cause, pieds et poings liés aux marchands dillusions qui leur promettent le paradis sur terre et la guérison par la prière ! Il en va de même pour les cadres avec les réseaux dinfluence étrangers qui leur font miroiter une ascension sociale et professionnelle voire des strapontins politiques. Ces réseaux mafieux qui sont des instruments daliénation, dintimidation et de domination néocolonialiste des Africains, sont les sectes islamistes, chrétiennes et maçonniques, le papisme, la francophonie, le CAMES, les clochers politiques européens comme la social-démocratie, le libéralisme, tous les fascismes de gauche et de droite Figés dans une posture pathétique, qui leur a été imposée, les peuples dAfrique sont réifiés en tant que peuples dominés et conditionnés psychologiquement pour servir de machines à consommer les produits occidentaux. Cette attitude qui frise laddiction psycho-somatique les empêche de devenir producteurs des biens quils consomment et créateurs. Que les hymnes nationaux des pays africains soient des marches militaires à linstar de La Marseillaise de la France, pour les francophones et des cantiques religieux pour les anglophones sur le modèle du God save the King britannique, nest pas le fruit du hasard mais dun mimétisme de nouveaux Etats sans autonomie. Certains africains, hypnotisés par limage et le discours mystificateur de lEurope conquérante et triomphante, en viennent à magnifier la colonisation comme un « bienfait de lhumanité » au profit des misérables nègres, pauvres hères, qui auraient régressé dans lanimalité et seraient définitivement perdus pour lhumanité de lhomo sapiens sapiens sans la main tendue charitable du blanc. Le fameux « fardeau de lhomme blanc » ! A linstar des écrivains togolais de la coloniale mystifiés tels que Félix Dossa Couchoro et David Kuessan Ananou, le pioupiou congolais, le « général » Denis Sassou Nguesso, sest, lui, permis de dépasser le discours dallégeance et dadmiration naïve de lesclave envers le maître. Son zèle desclave est allé jusquà détourner les maigres ressources dun pays ruiné par une guerre tribale quil a lui-même provoquée, avec le soutien de ses maîtres français, pour ériger puis inaugurer, le 3 octobre 2006, un mausolée de marbre blanc de 10 milliards FCFA à la gloire du sinistre et criminel petit colon aventurier Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905). Cet Italo-français, responsable du génocide colonial infligé aux peuples du Congo, est lobjet dune admiration bébête sans limite du petit soldat dictateur. Sassou ne connaît pas un seul résistant anticolonialiste congolais qui aurait mérité ce monument funéraire destiné à un assassin raciste dont il a fait exhumer les cendres en France pour les ensevelir sur une rive du fleuve Congo? Quelle insulte à lintelligence et à la dignité du peuple congolais ! De la même façon, lélite politico-administrative congolaise est incapable de débaptiser le nom de la capitale Brazzaville, du nom du colon fasciste, pour lui redonner son ancien nom Mfoua. Bongo, au Gabon, considère comme un honneur insigne, digne dun nègre banania, de faire appeler son patelin natal Franceville ! Quand on est ressortissant de Franceville, nest-on pas un peu français sur les bords et un peu plus « civilisé » que les autres Gabonais par la seule magie du nom ? Un double ban pour Bongo ! Bongo oyé ! Les organisations régionales mises en place sur tout le continent sont malades de maladies qui sappellent irresponsabilité, refus de cotisation, non respect des textes signés, népotisme, corruption, sabotage, querelles de chiffonniers pour des vétilles, ingérences déstabilisatrices des grandes puissances, etc. LOrganisation de lUnité Africaine (OUA) (1961-2003) a été globalement un échec. Les guerres interétatiques, les guerres civiles, les génocides, les massacres tribalistes, les sécessions, les coups dEtat des sergents-présidents, les élections truquées « à la togolaise », cest-à-dire à la machette ; la famine, la misère, la fuite des cerveaux, la médiocratie, le parti unique, la dictature, les violations massives des droits humains sont le bilan peu enviable de lorganisation panafricaine sans moyens parce que sans ambitions. LOUA a été dautant plus inefficace quelle sest constituée en syndicat de dictateurs contre lintérêt des peuples dont elle était censée défendre la cause. LUnion Africaine (UA) qui a pris sa succession ne vaut guère mieux. En Afrique de lOuest, la CEDEAO est un machin où lon ratifie des traités que personne ou presque napplique. La libre circulation des personnes et des biens est une réalité sur le papier depuis de longues années et pourtant, il est impossible de circuler librement non seulement à lintérieur dun Etat mais encore entre deux Etats. Les flics, la maréchaussée, les gabelous et les pioupious veillent au grain pour racketter le pauvre voyageur et le molester au besoin, sil proteste, sûr de son bon droit. LUnion Economique et Monétaire dAfrique de lOuest (UEMOA) ne vaut guère mieux puisquelle demeure un instrument entre les mains de la France supposée garantir le franc CFA. La mise sous tutelle de la monnaie des Etats francophones par Paris montre à quel point les indépendances sont une fiction en Afrique noire. Les Africains se souviennent encore avec rage et amertume de la dévaluation du franc CFA décidée arbitrairement par limpérialisme français. Ce triste épisode de notre histoire récente sest déroulé, en 1994, à Dakar, au Sénégal, chez le grand (par la taille) président Abdou Diouf, surnommé par ses compatriotes La Girafe. A cette occasion, tous les petits présidents de la zone CFA furent sommés par le président français François Mitterrand ex-nazillon décoré de la médaille de la Francisque pour collaboration avec lennemi allemand sous le règne fasciste du traître maréchal Pétain -de se présenter à Dakar, toutes affaires cessantes, pour écouter les ordres de la Métropole. Ils sy présentèrent tous en rang doignon et eurent lhumiliation de se retrouver, non pas devant leur paire français, mais devant un petit premier ministre, fils dimmigré arménien, originaire de la ville dIzmir, en Turquie, du nom dEdouard Balladur, version francisée de son patronyme arménien Balladurian. Houphouet, Eyadema, Biya, Compaoré, Hissen Habré, Diouf, Kountché, tous dictateurs médiocres qui jouaient aux importants dans leur pays respectif, furent mis au garde-à-vous pour entendre la sentence de la France prononcée par la bouche du fils dimmigré des rives du Bosphore : la dévaluation du franc CFA de 50%. Rompez les rangs ! Exécution ! La France venait daffamer un peu plus ses esclaves dAfrique pour mieux garnir le panier de la ménagère française. Les nègres transpireront un peu plus pour voir les fruits de leur labeur divisés par deux ! Il y allait de la grandeur de la grande France, fille aînée de lEglise et pays des droits de lHomme. Après tout, les nègres nont-ils pas lhabitude de la misère ? Un peu plus ou un peu moins de misère, quelle importance, ont dû se dire les pompes la sueur français. Le CFA est fabriqué en France. Sest-on jamais posé la question suivante ? Si, par exemple, la Banque Centrale des Etats de lAfrique de lOuest (BCEAO) commandait à la Banque de France 1000 milliards FCFA et que celle-ci en fabriquait 3000 milliards en conservant par devers elle 2000 milliards frauduleusement pour inonder la zone CFA de vrais faux billets et pousser à linflation et à la dévaluation ? Comment peut-on comprendre que 15 Etats réunis sont incapables de battre une monnaie commune et de la garantir à partir de leurs économies et matières premières qui sont loin dêtre négligeables. Lors même que des dirigeants indignes ne sont pas capables de défendre les intérêts particuliers de leur pays respectifs, il faut comprendre que la défense de lintérêt général dun grand ensemble est au-dessus de leurs forces. Les chimériques Etats-Unis dAfrique que proposent sur le champ les plus farfelus dentre eux, sont voués à être pilotés par les grandes puissances hégémoniques occidentales et le nouvel ogre économique chinois. La preuve, les mystificateurs de lAfrique unie nont, à aucun moment, posé le problème des bases militaires étrangères en terre africaine. Djibouti, la Côte dIvoire, le Gabon, le Centre Afrique, le Tchad, le Kenya, le Sénégal, le Togo sont des pays qui offrent des bases militaires à la France principalement et dans une moindre mesure aux Etats-Unis dAmérique dans le cas de Djibouti et du Kenya. Les accords de défense passés avec ces pays sont tout simplement une occupation militaire déguisée parce que les forces étrangères ennemies pré positionnées possèdent une puissance de feu sans commune mesure avec celle des armées dopérette néocoloniales dont le niveau technologique se situe au niveau de lâge de la pierre taillée. La Côte dIvoire en a administré la preuve lorsque larmée du tribaliste Laurent Gbagbo a osé attaquer un détachement de larmée française près de Bouake, au cours de la guerre civile allumée par la France pour laffaiblir. Les représailles furent terribles : toute laviation ivoirienne fut réduite en fumée. Gbagbo nosa même pas demander le départ de larmée française de son pays. La France laurait renversé au profit dune marionnette plus docile. Il nest pas indifférent de savoir que lorsque le FPI, le parti de Gbagbo, était dans lopposition, il exigeait la fermeture de la base militaire française. Dès laccession frauduleuse de Gbagbo au pouvoir, il oublia cette exigence au nom des intérêts de la Françafrique. Voilà comment de soi-disant opposants « démocrates » trahissent leur peuple lorsquils prennent le pouvoir. Gbagbo, dune certaine façon, a fait le malheur des Togolais. En voyant ses positions menacées en Côte dIvoire, la France a redéployé ses forces, histoire de ne pas mettre tous ses ufs dans le même panier. Cest dans loptique de cette stratégie que limpérialisme français a transformé le territoire togolais en base militaire doccupation, annihilant de la sorte, toute fiction dindépendance du Togo sous la botte cruelle et archaïque du clan Gnassingbe Il va donc sans dire que la prétendue union, que de vils individus en mission commandée le président sénégalais Abdoulaye Wade en est un exemple pour le compte des ennemis jurés de lAfrique, est un piège grotesque dont lobjectif vise à pousser les Africains eux-mêmes à unir leur domination pour faciliter la tâche aux colons qui nauront plus à disperser leurs forces et avoir autant de politiques quil y a dEtats sur le continent. Lévidence crève les yeux puisque rien nest fait par les gouvernements fantoches pour lautonomie de nos pays et de lAfrique. Rien ne changera en dehors du mode de domination qui sera davantage centralisé pour un pillage plus systématique. Le procédé que proposaient les tyranneaux nest pas indifférent non plus, car il sagit dun véritable coup de force faisant fi de la souveraineté des peuples et des règles démocratiques puisque tout allait se faire sans référendum et sans débat politique préalable. Par rapport à la situation actuelle que vit lAfrique sous domination étrangère, il y a lieu de parler des Afriques. LAfrique au singulier est en réalité un mythe. Nous nutilisons le singulier que par commodité de langage, car lAfrique est fragmentée et diverse. Un séjour à Berlin, en Allemagne, en août 2004, à loccasion dun séminaire international de la Commission Internationale de Juristes (CIJ) consacré aux lois liberticides prises par certains Etats dans le cadre de la lutte contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 dAl Qaeda contre les Etats-Unis dAmérique, a montré aux Africains présents à cette assise quils navaient pas tous forcément le même sentiment dunité de leur continent. Lors de la composition des groupes de travail, conçus sur un critère géographique, je fus étonné de voir les organisateurs mettre lEgypte, lAlgérie, le Maroc et la Tunisie dans le groupe régional du Moyen Orient. Je levai la main pour signaler lerreur puis me ravisai en constatant que les séminaristes maghrébins eux-mêmes ny trouvaient rien à redire ; ils trouvaient cela tout à fait normal. Je me tus donc puisque je ne pouvais pas être plus royaliste que le roi. Lorsquun Sud-saharien débarque en Afrique du Nord, il nest pas rare que ses hôtes lui demandent des nouvelles de lAfrique, à son grand étonnement, comme sil avait débarqué sur un autre continent ! Le fait pour les dirigeants africains de toujours mal copier ce qui se fait bien et qui réussit ailleurs atteste de leur mauvaise foi dans la mesure où leurs actions ne sinscrivent pas dans une logique de progrès et dindépendance. Le modèle quils veulent copier est lUnion Européenne (UE). Par souci de cohérence, lUE exige de tous ses adhérents davoir le même système politique, la démocratie. Comment faire cohabiter lIle Maurice, lun des rares pays à peu près démocratiques du continent, avec les dictatures militaires primitives du Togo, de la Guinée Konakry, dAlgérie, du Soudan ou des monarchies déguisées comme au Cameroun, au Gabon, en Egypte, en Libye et au Zimbabwe ? Quand on choisit librement dhabiter la même chambre, il faut nécessairement un certain nombre de critères incontournables : la compatibilité dhumeur, une certaine discipline et des points communs. Dans la plupart des Etats, le dissensus est la norme du fait de la trahison des élites politiques, intellectuelles, traditionnelles, administratives, etc. Même élus démocratiquement dans de rares circonstances - les tenants du pouvoir politique sont illégitimes dès lors que leur véritable mission consiste à gérer le néocolonialisme au profit des puissances étrangères qui dominent lAfrique. Dans le cas des élections démocratiques qui se déroulent dans des Etats sous tutelle comme le Bénin, le Mali ou le Ghana, la démocratie est dévoyée parce quil sagit dun système politique qui, pour exister, exige un degré certain dautonomie, à la fois des citoyens et de lEtat. En labsence de cette autonomie, la démocratie « néocoloniale » doit être considérée comme une escroquerie politique, un marché de dupes. Il sagit de faire croire aux électeurs quils élisent librement leurs dirigeants alors que ceux-ci sont dabord cooptés par loppresseur étranger. Paris, Londres, Washington, Bruxelles, Moscou, Lisbonne, Madrid sont les points de passage obligés pour tous ceux qui gouvernent ou aspirent à gouverner quand ils sont dans lopposition car là sobtient la caution politique des faiseurs de rois africains. Cest pourquoi la classe politique africaine est profondément aliénée. Dans ces circonstances, il lui est quasi impossible délaborer une politique dindépendance guidée par un souci dautonomie. La classe politique, nayant quune vision alimentaire de la chose publique, est incapable dinscrire son action dans une perspective patriotique et donc la durée. Et pourtant, les évènements tragiques susceptibles de provoquer un sursaut patriotique abondent à telle enseigne que la question que se pose à présent lanalyste est de savoir jusquà quelle limite le peuple, éclairé par ses élites conscientes, va supporter lintolérable de ses dirigeants, cest-à-dire sa mise à mort programmée. Malheureusement, les cadres intellectuels qui, naturellement, sont appelés à prendre la tête de la révolution, sont trop portés sur lopportunisme et la corruption. Le pouvoir, conscient du danger quils représentent, recourt à la corruption et autres formes de séduction à haute dose pour les domestiquer. Ils ne disposent pas de repères au sein de la culture nationale pour donner lassaut final aux régimes fantoches. Minés par une aliénation qui les a conditionnés, comme le chien de Pavlov, ils se mettent au garde-à-vous devant les intérêts des colons qui leur servent de repères et de modèles. Ils restent à décoloniser mentalement! Leur allégeance inconditionnelle aux réseaux mafieux colonialistes sexplique par un complexe dinfériorité devant le Blanc et un esprit de prostitution trop sensible aux prébendes.Une certaine complaisance sociale empêche de dire la vérité pour ne pas froisser autrui, surtout quand on lui accorde une certaine importance dans la société. Cette attitude est dommageable dans une société où les notables qui ont vocation à servir de modèles font partie de la racaille et se comportent objectivement comme des ennemis du peuple. Le refus du développement affiché par les dirigeants politiques africains disqualifie toute velléité de créer des Etats-Unis dAfrique ici et maintenant. Laliénation des élites intellectuelles, à la remorque de lOccident et manquant outrageusement de patriotisme, renvoie ce projet politique, pourtant indispensable à la survie de lAfrique, aux calendes grecques. Pour lheure, il sagit dune énorme supercherie visant à unifier la domination de lAfrique pour faciliter la tâche aux ennemis mortels des peuples africains. Lunion proposée par des racistes, des tribalistes et autres génocidaires fascistes nest quune vulgaire politique spectacle visant à faire diversion aux yeux des peuples dominés que lon sapprête à conduire à labattoir de la mondialisation impérialiste et esclavagiste. Les despotes ont eu le courage de reconnaître, au sommet dAccra, léchec lamentable du NEPAD, un pseudo plan imbécile de développement de lAfrique basé sur la mendicité. La libération et lindépendance exigent la nécessité dune pensée stratégique pour sortir lAfrique de ce qui semble être une fatalité de léchec. Lurgence de la pensée simpose dautant plus que les rapports de force sont en faveur des forces dinertie et des forces négatives. La crise est la conséquence dune terrible décente aux enfers qui risque de provoquer dans les prochaines décennies la disparition des peuples africains. La crise est totale : économique, sociale, identitaire, morale, sécuritaire (sécurité humaine), institutionnelle. Il faut une révolution pour sauver lAfrique. Par Ayayi Togoata APEDO-AMAH Tags associés : etats-unis, afrique, anes, unis
Vendredi 14 Mars 2008Poster un commentaire
|
Rubriques
Publicité
Derniers commentaires
Liens partenaires
Jeux disponibles
Moteur de recherche
A découvrir
Campagne membre |